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16/08/2013

rouages enragés

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aux confins de l'Europe et de l'Asie
dans la sublime Istanbul ottomane
je m'enivrais de beauté exogène
Sur l'esplanade de la Mosquée Bleue

Deux chats errants se coursaient
striant la route de petits coups de ciseaux
apparut un taksi jaune furieux
qui la remontait en sens inverse

tchac, la tête, le pare-choc qui tacle
l'un d'eux qui bascule
continuant la course à plat
dans une mécanique histrionique

Une mare de sirop rubis s'écoule
hors de son corps spasmophile
qui galope dans le non-sens
inversant le cours du réel

détraqué le chat rouge claquant
ses bobines cinétiques se mélangent
gyroscope horologique chronométrique
l'âge roule dans les rouages enragés

Livré à son ennemi intime
qui s'acharne sur ses flancs
Il galope, dans le vide, dans le sens
ça pompe la vie hors de lui

un petit nuage de poils clairs
flotte au dessus de la jointure
du mort et du vivant embrasés

14/03/2013

zigwiwi frétillant

 

Il y a un truc qui fuit continuellement
un zigwiwi frétillant de frivole aménité
pulsant le chaos autour de son sillage
colorant la structure stérile du fonctionnement
oh ce truc joyeux et désinvolte
bordélisant le monde en variations indigo
jaune cintré pour les techniciens
drapé bleuté des femmes de ménage
déchirant le grenat des bergers à bestiaux
et ça bondit, rebondit, ça jaillit et ça fuse
et sardine à bouc et ça nique les yeux
c'est là, c'est plus là, c'est pas ça, c'est pas lui
un maillage furtif, quelques bits disjonctifs
déstocke ton steack aztéque élastique
fugace dans la nuit, se carapate entre les platanes
jamais, jamais ne se doit rattraper

 

06/12/2012

Nous n'avons aucune idée

 

Les corps spiritualisés dans l'espace culturel
Les chuchotis amoureux et polarisants
L'agaçante stridulation des dinosaures
Le soleil dans la froide clarté
Des fêtes de fin damnée
L'image cubiste des gens et des choses vers 15h27
La question de la poésie en relation avec le jus d'orange
Les employés subalternes qui font des mots d'esprit
Nous n'avons aucune idée




30/10/2012

Marina Tsvétaïeva

cette palpitation d'amour
pulsée dans ton verbe alerte
déminant nos machines gelées
fascinées de néant
ton feu sacré
dévastation purifiante
dissolvant les précautions d'usage
artefacts sociaux objectivement monstrueux
ce torrent giclant de désir
insatiable
hydratant les zombies fonctionnels
engeôlés dans leurs réduits apathiques
cet amour monde, cet amour monstre
déflagration émotionnelle
défonçant les parois paranoïaques
de nos existences emmurées
cette folie de vivre
d'aimer
amadouée dans tes poèmes sublimes
vibrant d'exaltante humanité
merci d'avoir été
vivante

16/09/2012

je courais

 Je courais sans but, piqué par une incroyante frénésie. Le décor patiné de mon existence défilait devant mes yeux fous.
Je désirais l'explosion des circonstances usées, l’annihilation de mes relations oxydées.
Je courais, je courais
Dans la ville maudite qui me vit naître
Je courais pour échapper aux égrégores
Je courais vers les étoiles
Je courais pour tout quitter
Je courais pour me laisser derrière moi
Je courais sans arrêt, comme un débile mental
Je courais pour courir, pour vivre et crever en même temps
Je courais
Je ne sais
Je courais

 

13/09/2012

16/9

 

Les baroudeurs de l'info 16/9 fourbissent leurs rédactionnels acéphales
Offrant leur profil putassier à l'objectif décati
D'où giclent les traits de pensée unique
Dans la face du plus-petit-dénominateur-commun
Gavé de séries, de sushis et de pompe biogojnik
Une fois encore tout le monde sera d'accord
Et pas d'accord avec l'évangile médiatique
Tous les jours, le réel rétrécit un peu plus
Pendant que les Guignols de l'Info enfilent les lieux communs
Testés et contrôlés par les clones des sitcoms universellement cons
Et le Bouddha médiamétrique, Grand Timonier de la révolution du Pareil au Même



05/09/2012

Disloqué

 

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Disloqué, toqué et retoqué
Dissolu dans l'illogique généalogie
Fragmenté, fracturé
Organisé, bousculé
Bousculé, organisé
Parmi les strates métamorphiques
Concaténées en dystopies,
Les sillons tranchants des synclinaux historiques
Balayés de vents viraux,
Arpentant les plissements civilisés
Perclus d'éruptions idéelles,
Se figeant en furieux conglomérats
Insensiblement érodés par l'univoque causalité
J'erre hagard dans l'impensé détritique
Et le battement sourd des religions primitives
Pétrifie mon sang

 

27/06/2012

Grattements névrotiques

 

poésie,marais,fin du monde



grattements névrotiques
déplacements furtifs
fouissements compulsifs
syncopes de claquements
craquements inopinés
clapotements vaseux
glouglous gouleyant
chapelets de cris hystériques
lamentos d'ululements

cherchant la solitude
dans les marais de la forêt rhénane
on se sent rapidement envahi
par une insupportable et
invisible multitude
travaillant frénétiquement
à une perpétuelle fin du monde


20/04/2008

Mardi par ici

Sur le pont Winston Churchill, dans une bruine estivale
Je m’arrête pour observer une scène peu banale
Plus bas sur le quai, quatre personnes scrutent intensément le canal
Deux plongeurs en combinaison  grenouillent dans l’eau sale
Un policier en uniforme tient un filin qui disparait sous la surface horizontale

Il fait gris et humide, un véritable temps de chiottes
Le flic au filin fait des plaisanteries déplacées et parfaitement idiotes
Un jeune commissaire divisionnaire tire nerveusement sur sa cigarette
Son beau costume Hugo Boss commence à flétrir - c’est pas net
Deux inspecteurs sont laconiquement flanqués à ses côtés
L’un deux a un gun fixé sur la ceinture de son futal froissé

Un bâtiment glauque augmenté de grues déglinguées et de treuils fondus
S’élève suspectement au dessus du canal olive de la Marne-au-Rhin
Seegmuller Armement : une vieille compagnie de la marine marchande
Un bâtiment désaffecté installé dans un arrière-plan douteux,
Squatté par les déchets ultimes de la société désinfectée

Je contemple la scène depuis mon vélo stabilisé contre la rambarde,
Mon fils mécaniquement installé sur le siège de ma vieille guimbarde
Observe la scène avec beaucoup d’intérêt
En plongeant un doigt dans son nez

Derrière nous, des machines brutales et hurlantes
Reforment le revêtement pourri du pont délabré
Des petites mottes de goudron sont projetées dans une infâme odeur
Aléatoirement dissipée dans des tourbillons de vent frais et humide

Les plongeurs remontent un caddie vide et disparaissent un peu plus loin
Le commissaire et les inspecteurs se carapatent sous la pluie battante en courant
Le pauvre policier en costume reste dignement amarré au canal

A côté un gros paquebot UGC est enlisé dans un terrain vague
Véritable usine à sensations virtuelles et à frites orthonormés
Il diffuse en boucle les derniers films universaux
Pour distraire les gens qui s’ennuient le mardi