20.04.2008
Mardi par ici
Sur le pont Winston Churchill, dans une bruine estivale
Je m’arrête pour observer une scène peu banale
Plus bas sur le quai, quatre personnes scrutent intensément le canal
Deux plongeurs en combinaison grenouillent dans l’eau sale
Un policier en uniforme tient un filin qui disparait sous la surface horizontale
Il fait gris et humide, un véritable temps de chiottes
Le flic au filin fait des plaisanteries déplacées et parfaitement idiotes
Un jeune commissaire divisionnaire tire nerveusement sur sa cigarette
Son beau costume Hugo Boss commence à flétrir - c’est pas net
Deux inspecteurs sont laconiquement flanqués à ses côtés
L’un deux a un gun fixé sur la ceinture de son futal froissé
Un bâtiment glauque augmenté de grues déglinguées et de treuils fondus
S’élève suspectement au dessus du canal olive de la Marne-au-Rhin
Seegmuller Armement : une vieille compagnie de la marine marchande
Un bâtiment désaffecté installé dans un arrière-plan douteux,
Squatté par les déchets ultimes de la société désinfectée
Je contemple la scène depuis mon vélo stabilisé contre la rambarde,
Mon fils mécaniquement installé sur le siège de ma vieille guimbarde
Observe la scène avec beaucoup d’intérêt
En plongeant un doigt dans son nez
Derrière nous, des machines brutales et hurlantes
Reforment le revêtement pourri du pont délabré
Des petites mottes de goudron sont projetées dans une infâme odeur
Aléatoirement dissipée dans des tourbillons de vent frais et humide
Les plongeurs remontent un caddie vide et disparaissent un peu plus loin
Le commissaire et les inspecteurs se carapatent sous la pluie battante en courant
Le pauvre policier en costume reste dignement amarré au canal
A côté un gros paquebot UGC est enlisé dans un terrain vague
Véritable usine à sensations virtuelles et à frites orthonormés
Il diffuse en boucle les derniers films universaux
Pour distraire les gens qui s’ennuient le mardi
Je m’arrête pour observer une scène peu banale
Plus bas sur le quai, quatre personnes scrutent intensément le canal
Deux plongeurs en combinaison grenouillent dans l’eau sale
Un policier en uniforme tient un filin qui disparait sous la surface horizontale
Il fait gris et humide, un véritable temps de chiottes
Le flic au filin fait des plaisanteries déplacées et parfaitement idiotes
Un jeune commissaire divisionnaire tire nerveusement sur sa cigarette
Son beau costume Hugo Boss commence à flétrir - c’est pas net
Deux inspecteurs sont laconiquement flanqués à ses côtés
L’un deux a un gun fixé sur la ceinture de son futal froissé
Un bâtiment glauque augmenté de grues déglinguées et de treuils fondus
S’élève suspectement au dessus du canal olive de la Marne-au-Rhin
Seegmuller Armement : une vieille compagnie de la marine marchande
Un bâtiment désaffecté installé dans un arrière-plan douteux,
Squatté par les déchets ultimes de la société désinfectée
Je contemple la scène depuis mon vélo stabilisé contre la rambarde,
Mon fils mécaniquement installé sur le siège de ma vieille guimbarde
Observe la scène avec beaucoup d’intérêt
En plongeant un doigt dans son nez
Derrière nous, des machines brutales et hurlantes
Reforment le revêtement pourri du pont délabré
Des petites mottes de goudron sont projetées dans une infâme odeur
Aléatoirement dissipée dans des tourbillons de vent frais et humide
Les plongeurs remontent un caddie vide et disparaissent un peu plus loin
Le commissaire et les inspecteurs se carapatent sous la pluie battante en courant
Le pauvre policier en costume reste dignement amarré au canal
A côté un gros paquebot UGC est enlisé dans un terrain vague
Véritable usine à sensations virtuelles et à frites orthonormés
Il diffuse en boucle les derniers films universaux
Pour distraire les gens qui s’ennuient le mardi
10:22 Publié dans sentences morales et phrases définitives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie