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10/05/2008

Mais que fait la police ?


Je n'ai pas encore de réponse précise à vous communiquer à ce sujet, mais par contre, je puis vous annoncer que ces derniers temps, leurs cousins germains, les gendarmes, affûtent leurs pinceaux, préparent leurs couleurs et choisissent soigneusement leur sujet, pour le grand concours artistique: Gens d'Art - Gendarmes (GAG). 

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Le GAG n'est pas un gag, nous ne sommes pas le premier avril, et les gendarmes ont comme comme tout un chacun une sensibilité artistique; certains sont probablement même de grands artistes.

J'ai souvent été très surpris de découvrir de véritables artistes "fourvoyés" dans des emplois à cent milles lieues de leur violon d'Ingres. Par exemple je connais un peintre génial qui fait de la maintenance électro-mécanique, je connais aussi un grand guitariste classique qui répare des vélos; Jean Dubuffet était un vendeur de pinard avant d'être le chef  file des "art-brutistes" et Franz Kafka, un obscur agent d'assurances avant d'être Kafka.

Tout ça pour dire qu'il faut évidemment gagner sa croûte en ce bas monde; vivre de son art n'est pas donné à tout le monde. Alors un gendarme qui fait des aquarelles, ben oui, pourquoi pas ?

 

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D'une manière générale, on donne beaucoup trop d'importance au travail dans notre société; les gens se confondent littéralement avec leur profession. Si cela est valorisant pour les gens qui sont satisfaits de leur emploi, cela peut vite devenir assez triste lorsqu'on estime réaliser un travail stupide. "Je suis facteur", "je suis professeur", "je suis chef d'entreprise". Bof, c'est pas terrible comme cogito, ça ne vaut pas "je pense donc je suis", qui lui-même est déjà très discutable. Ce qu'il faudrait dire c'est: "je fais le facteur", "je fais le professeur" ou encore "je fais le chef d'entreprise"; c'est en effet beaucoup plus juste, parce que nous sommes tout de même bien plus complexe qu'un statut professionnel, du moins je l'espère.

 

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L'autre chose que je voulais dire dans ce billet, c'est que la qualité d'artiste ne devrait pas représenter en soi une catégorie professionnelle, c'est une véritable aberration sociale que d'assimiler les artistes à un corps professionnel. "Artiste" c'est un rapport au monde, c'est la capacité de formaliser des tendances qui sous-tendent notre réalité, c'est la capacité de transformer la souffrance en beauté, c'est la capacité d'enchanter le monde. Et s'il existe des artistes professionnels, pourquoi ne trouve-t-on pas des paranoïaques professionnels, des enragés professionnels, des amateurs professionnels ou encore des sinistres professionnels? Bien évidemment des gens comme cela existent, simplement et heureusement ils sont rangés différemment.

Il y a un autre écueil au fait de désigner une catégorie professionnelle par l'adjectif artiste, c'est que cela induit de facto une sorte de corporatisme, qui finit par enfermer les "artistes" dans des sphères totalement coupées de la réalité. Et donc les "artistes" se mettent à décrire, à dépeindre, à (dé)chanter des environnements qui ne reflètent plus aucune réalité et qui ne parlent plus à personne. D'ailleurs bien souvent les artistes établis deviennent parfaitement inintéressants, ils ne se confrontent plus au monde, "ils font les artistes".

 Ainsi, hypocrite lecteur, mon frère, mon ami, ne désespérons pas, les voies de la félicitée nous demeurent accessibles.

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21:30 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : police, gendarmerie, art