28.09.2007
Train rouge
16:53 Publié dans images | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.09.2007
Spiderman tourne mal
J'ai déjeuné avec Spiderman à midi. Il ne va pas bien. Des ennuis avec Mary-Jane entre autres. Elle s'est barré avec Hermetikman. Je la comprends. Pauvre Spiderman. Évidemment il est complètement déprimé. Évidemment il ne veut toujours pas décrocher non plus. Il continue à penser qu'il doit sauver l'humanité.
- Écoute Spidey, je lui ai dit - tu vois les gens tu les emmerdes finalement. Tu crois qu'ils t'aiment, mais en fait ils te détestent. Qui a envie d'être sauvé par un guignol en collant rouge et bleu ? Non c'est fini tout ça. Je sais, c'est dur, mais il faut accepter la réalité. Et la réalité c'est Hermetikman. Oui c'est un salaud, d'accord il est pas beau, bien sûr tout ça. Mais c'est un mec sérieux. Toi t'es gentil, mais t'es surtout une vrai bille. Allez range ta panoplie de super-héros, sois un homme!
Et il s'est mis à pleurer.
- Allez, arrête ça, Spidey. Écoute, pourquoi est-ce tu ferais pas un stage ? Laisse tomber le super-héroïsme, c'est dépassé mec ... moi je te vois bien dans l'animation ... avec des enfants ou des vieux ...
18:15 Publié dans recyclage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Remembrement
Le temps est venu de procéder
À la réévaluation du grand corps cadastral
Afin que tous les usufruitiers,
Jouissent de leur domaine carcéral
Chaque parcelle de vérité
Devra être rigoureusement désignée
Ainsi la taxe prélevée
Sera gage de moralité
Le corps s’est encore modifié
Il faut sans arrêt l’arpenter
Mettre à jour sa réalité
Révéler son cadastre
Les limites définissent les zones
De liberté et de contrôle
Il y a l’intérieur et les pôles
En deçà de la couche d’ozone
10:00 Publié dans sentences morales et phrases définitives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.09.2007
Elle est pas belle la vie ?
Lorsque nous sommes descendus sur le boulevard de Lyon, il était aux environs de dix heures. Il ne faisait pas encore trop chaud, le soleil n’était levé que depuis quatre heures et comme il y avait peu de circulation, l’air était tout à fait respirable. Il était presque sympa ce boulevard strasbourgeois, sur lequel nous vivions depuis déjà deux ans.
Ma femme, ma fille, et moi, étions en route pour faire le marché qui était à quelques rues de chez nous. Je poussais la poussette de ma fille ; elle était tout émoustillée devant le spectacle du monde et babillait sans discontinuer. Moi, je m’étais encore réveillé dans un état lamentable, en maudissant cette ville de bouseux, dans laquelle il ne se passait jamais rien.
A une vingtaine de mètres, au bout du trottoir, j’ai aperçu des petits tronçons de cordelette. Il y en avait cinq ou six éparpillés autour d’un panneau d’interdiction de stationner.
Lorsque nous avons atteint le panneau, j’ai un peu mieux regardé et j’ai remarqué que les bouts de cordelette étaient partiellement enduits d’une sorte de sauce-tomate ou de peinture rouge. Ça aurait pu être du sang aussi, ça ressemblait beaucoup à du sang, un peu coagulé. Sur le poteau de signalisation, il y avait encore des traces rouges. Il m’est tout de suite venu à l’esprit que quelqu’un s’était fait tabassé, après avoir été attaché à ce poteau.
Mais quelque chose clochait : on ne tabasse pas quelqu’un à découvert, sur un boulevard fréquenté, c’est juste illogique.
Nous avons poursuivi notre chemin, en silence. Ma femme était blême et moi je commençais à trouver la journée intéressante. Puis, n’y tenant plus, ma femme a évoqué les tresses.
- Des tresses ? t’as vu des tresses quelque part ? j’ai demandé.
- Évidemment, elle a dit, là-bas, c’est des cheveux tressés, des nattes !
Je suis retourné quelques mètres en arrière, sur la scène macabre. Exact. C’était bien des tresses, des tresses de cheveux blonds et artificiels, que les filles se mettent dans les cheveux ces derniers temps. J’ai immédiatement songé à la prostituée black qui tapinait souvent à cet angle de rue. Elle travaillait sans maquereau, avec son petit baisodrome roulant garé à proximité sur le trottoir. Elle était jeune et pulpeuse ; ah ses gros seins et ses grosses fesses, j’avais bien souvent été tenté. Par contre, je ne me souvenais plus très bien de sa chevelure, mais elle avait tout à fait le genre à se fixer des tresses colorées. D’ailleurs, en me penchant vers les tresses, je pouvais apercevoir les racines de cheveux noirs sur lesquelles elles avaient été fixées. Les tresses maculées de sang avaient été arrachées. Et la trace sur le poteau évoquait la chair sanglante, glissant sur le métal froid. À la base du poteau, il y avait d’ailleurs une petite flaque de sang qui séchait sur le trottoir. Du coup, j’ai imaginé qu’une espèce de brute avait violenté la pute. Il avait dû l’attraper par les tresses, pour lui fracasser la tête sur le poteau. Puis en tirant un peu plus fort, il les avait arraché et simplement balancé sur place avant de se tirer. La pute était restée étalée sur le trottoir, à moitié sonnée.
J’ai raconté ça à ma femme. Elle était écœurée. Je sentais monter en moi une malsaine excitation. Je me sentais vivre à nouveau ; là où il y a du sang, il y a de la vie.
Plus loin je me suis souvenu de cette autre prostituée, qui s’était fait étrangler, il y a quelques années. C’était dans le secteur nord du quartier gare, j’y avais habité quelques années. Je la croisais souvent lorsque j’allais faire des courses au centre commercial. Elle travaillait dans la rue du Feu, juste au bas de son immeuble. Elle était déjà assez vieille - d’ailleurs dans ce secteur, toutes les putes étaient vieilles -, et puis très fardée, pour cacher sa décrépitude. Elle était très aimable ; nous nous saluions toujours et elle me souriait gentiment. Elle avait de longs cheveux noirs et un petit accent sud-américain.
Ma femme, elle, pensait au brusque réveil de notre fille, cette nuit. Sa chambre donnait effectivement sur le boulevard, et elle s’était réveillée complètement paniquée. Nous avions été obligé de la recoucher avec nous.
Nous avons continué à longer le trottoir, pensivement. J’avais le regard vissé au sol, je cherchais des traces et vaguement du fric. C’était vraiment un quartier dégueulasse. Il y avait des flaques de vomi sur le trottoir et les murs. Et puis toutes ces merdes de chien qui fleurissaient partout. Il y en avait tellement qu’on ne pouvait quasiment pas éviter de marcher dans l’une d’elles. D’ailleurs les gens du quartier marchaient toujours la tête rivée au sol. Je m’étais souvent imaginé chier sur l’un de ces maudits clébards pour me passer les nerfs. C’était vraiment un putain de quartier de merde.
La scène sanglante me tarabustait toujours. Probablement soumis à une pulsion morbide, je voulais absolument prendre des photos de la scène et je poussais rapidement le trône à roulettes de ma fille, vers le marché de la rue du Faubourg National, en espérant que la scène demeure intacte jusqu’à notre retour.
Le marché était très animé, la chaleur excitait les gens. Une petite femme asiatique qui courrait derrière sa fille nous bloqua le passage quelques instants. Son T-shirt arborait le slogan « Elle est pas belle la vie », mais il manquait le point d’interrogation à la fin de la phrase pour en faire le slogan positiviste de l’été. Du coup, c’était juste une affirmation un peu triste, une constatation désabusée.
Je traînassais dans l’allée centrale du marché avec la poussette, pendant que ma femme faisait les emplettes. Soudain j’entendis, puis aperçu une femme maghrébine - la cinquantaine -, qui hurlait douloureusement, le visage et les bras ouverts vers le ciel. Deux autres types maghrébins la maintenaient et essayaient de la calmer. Mais elle continuait à hurler dans le ciel, à haranguer son invisible occupant. Les gens autour s’en foutaient, chacun avait ses propres emmerdements.
Au retour, la poussette chargée de fruits et légumes, je me disais que la journée prenait un tour vraiment pathétique. Aux alentours du théâtre sanglant, je voyais les gens s‘arrêter quelques instants, et repartir choqués.
Dès que nous avons pénétré dans l’appartement, j’ai attrapé mon Canon AE-1 et suis immédiatement reparti pour aller cristalliser la scène macabre.
Le sang avait un peu séché mais ça restait tout de même encore très bouleversant. L’ensemble avait des allures de mise en scène vaudoue. J’ai immortalisé la scène en trois clichés, en tachant de rendre compte de la topographie des lieux.
Plus tard, dans l’après-midi, des gens avaient nettoyé le trottoir. Il restait encore des traces discrètes de sang séché, le soleil en avait fait des tâches brunâtres, sans aucun relief. Ça aurait pu être n’importe quoi.
Dans la soirée je me suis couché tôt. Ma femme, préoccupée, regardait le portrait d’un cinéaste taiwanais en DVD.
Le lendemain, elle avait une fine natte tressée dans ses cheveux.
Août 2006
18:25 Publié dans nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.09.2007
Poésie en iv(r)e et ien
Dans l'eau vive
Tu te tiens
Quelque part sur la rive
Il y a d'autres martiens
Tu as l'air d'être ivre
Tu manques de maintien
Retourne dans ton livre
Ça ne sera jamais aussi bien
Il suffirait de vivre
Ensemble sans rien
09:13 Publié dans sentences morales et phrases définitives | Lien permanent | Envoyer cette note
21.09.2007
Toscane - Bade Wurtemberg, même combat !
Un paysage de Toscane en plein Bade Wurtemberg, c'est carrément possible aujourd'hui. C'est l'un des avantages de la mondialisation - le Land Telescoping. De la même manière, on est plus obligé de se taper les produits locaux, toujours grâce à la mondialisation. Je peux manger un super couscous-2-viandes algérien juste en bas de chez moi, à Strasbourg, c'est pas génial, ça ?!
La mondialisation n'est pas uniquement cette catastrophe fantasmée par la United Color of Paranoïa ... qu'on arrête de nous gonfler avec ça ...
10:05 Publié dans recyclage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.09.2007
Moi-même par Thomas Ruff
22:15 Publié dans recyclage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ange à tête de lion
07:40 Publié dans images | Lien permanent | Envoyer cette note
11.09.2007
L'autre Thomas Ruff
J'ai rencontré ce type dans un supermarché, au rayon des féculents. Sa tête me disait vaguement quelque chose et je suis donc allé lui demander si on se connaissait. Malheureusement il ne parlait pas français, mais plutôt l'espagnol, enfin même le mexicain. Nous sommes alors allés voir le directeur de l'établissement qui était justement estampillé traducteur français-mexicain (comme quoi le hasard des fois), pour voir si on se connaissait. Et là j'ai su que je me trouvais en présence de Thomas Ruff, le célèbre photographe allemand. Non en fait c'était pas du tout Thomas Ruff, le célèbre photographe allemand, c'était un autre Thomas Ruff. Bref, c'est rapidemment devenu un gros merdier et il m'est immédiatement venu à l'esprit qu'il fallait que je fasse une interview de ce type, qui en cachait d'autres.
- Comment es-tu devenu Thomas Ruff ?
L’histoire est assez simple : par une belle nuit d’hiver étoilée, un jeune et robuste spermatozoïde s’est accroché aux parois abruptes d’une appareillage compliqué mais néanmoins reconnu efficace pour la perpétuation de la race humaine. Au péril de sa vie, le courageux organisme frétillant trouve son chemin dans le couloir sombre qui mène à l’énorme ovule. Jusqu’à présent, personne ne peut dire s’ils se parlèrent à ce moment unique et si le vaillant explorateur prononça la formule magique : « Veni, vedi, vici». Quoiqu’il en fut, la Reine de la nuit ouvra d’un coup la serrure de sa membrane avant d’accueillir le héros à bras ouvert autour d’un gros verre de Johnny Walker. Je leurs rends donc hommage aujourd’hui. Inch’Allah
- Pourquoi es-tu devenu Thomas Ruff ?
Je reconnais là ton légendaire sens du détail qui fait tellement défaut à notre époque. Il s’avère que l’administration de la nation qui m’abrite à l’intérieur de ses frontières exige que chacun de ses éléments porte un nom accompagné d’un prénom. Ceci expliquant cela. A côté de quoi, j’eus la lourde charge de perpétuer cette tradition au péril d’une créativité virulente qui n’appartient qu’aux rappeurs de M6 télévision. Or grâce à ta question pertinente, et je t’en remercie humblement, mon choix se dirige vers la solution de me changer en MC RUFF. Blague à part, j’ai toujours voulu être un peu plus qu’un simple numéro dans les statistiques économiques et c’est la raison pour laquelle j’écris et répond à cette entretien. En dehors de ça, peut-être qu’il existe un traumatisme dans mon esprit m’obligeant a représenter ce que je ressens ou absorbe dans mon environnement direct. Somme toute, il m’arrive d’être heureux et d’en avoir conscience. N’est-ce pas l’essentiel ?
- Tu es l'homonyme d'une floppée de Thomas Ruff - comme je le suis avec les Michel Meyer -, comment abordes-tu ce particularisme ? et que penses-tu de tous ces fils de pute ?
Pour remédier à ce problème, je te propose d’inventer un droit d’usage sur les noms de famille et de les faire raquer un max. Quant à mon homonyme photographe allemand, je me suis déjà demandé s’il me connaissait, et si oui, pourquoi il n’avait pas eu l’idée fantastique de me photographier. Je profite de la circonstance pour m’opposer à son idée que le portrait ne traduit pas l’intériorité du sujet. Il suffit d’étudier la photo journalistique pour s’en apercevoir. Un enfant qui pleure sous le bruit des bombes transmet au cliché son émotion, lequel ne déformera pas ce fait à moins de lui effacer les traits du visage avec un ordinateur ou un pinceau pendant le développement. Cela dit, je le trouve éloquent lorsqu’il creuse le concept global de la photographie dans la formation sociale de l’individu, ou encore dans son approche matérialiste de la photo numérique. La question de la distance avec la série de photos pornographiques recyclées est tout aussi intéressante bien qu’il ne faille pas lui donner des interprétations qu’il n’a pas. N’est-ce pas souvent le cas dans l’art contemporain ? on écrit des centaines de pages sur un artiste alors qu’au fond, lui n’aura fait que réaliser une idée spontanée, sans commentaire préconçu. C’est mon sentiment.
- Quel est ton rapport à la mort ?
Mon rapport à la mort ? Le même que la plupart des gens, je suppose. Enfant, je me souviens d’avoir imiter Steve Mac queen dans son dernier souffle. Le nom du film m’a échappé. Le héros tombe à terre dans un nuage de poussière avant de chuchoter qu’il a oublié de remettre un peu d’argent dans le parcmètre. Donc, il s’agit bien encore une fois d’un rendez-vous unique avec l’éternité. Blague à part, je suis impatient de me sentir glisser dans le néant confortable que promettent les religions, bien que je sois plutôt du côté de ceux qui pensent qu’au bout du tunnel, il n’y a que nos tristes frustrations de créature mortel. Dieu est le pire des inventeurs macabres. Un jour, en rentrant de mes courses, j’ai entendu le bruit du contact d’un homme avec le bitume; il venait juste de se jeter d’une tour d’un immeuble et moi et quelques passant n’étions qu’à quelques mètres. C’est le premier cadavre que je vis. Depuis, j’ai pu voir celui d’un membre de ma famille allongé dans son cercueil et franchement je crois qu’il sera le dernier. Paix à son âme.
- À l'amour ?
Je pense qu’il y a toujours eu un risque inévitable à aimer puisque le prix d’une relation sérieuse se paye par la peur, même infime, de la perdre. Quand cette peur n’existe pas, l’amour en jeu n’est qu’un simulacre de sentiment. Certains s’en contentent alors que pour ma part, j’aurai le plus souvent payé le plein tarif. En contrepartie, je ne regrette pas mon engagement sincère dans ce qui constitue un trésor personnel. Le plus triste pour notre génération aura aussi été la catastrophe du sida puisque la sexualité aura pris le visage de la mort lente. L’autre sera devenu une menace contre laquelle on doit se protéger, et l’acte de se reproduire ou de partager la jouissance, un acte de survie tout autant qu’un meurtre. Désolé de casser l’ambiance ! Bien qu’il soit peut-être surestimé dans sa capacité à nous faire vivre un bonheur stable, l’amour est un chapitre essentiel dans la vie de tout un chacun. Personnellement, à bientôt 38 ans, il m’arrive ainsi de penser que je devrais aller m’enterrer dans un monastère bouddhiste. Mais comment être certain que cela soit la bonne réponse ? Le désir aboutit à la frustration laquelle ne se résout qu’avec la satisfaction. Lorsque celle-ci n’existe plus, la société devient malade. Regarde la masse de pornographie que l’industrie injecte dans la cervelle des jeunes générations. Pour moi, c’est du lessivage. L’essor d’une certaine pornographie va de pair avec le déclin économique de notre société. Il en coûte moins cher de se masturber que d’inviter une femme dans un hôtel au bord de la plage, entouré d’amis. Sans compter que la pornographie crée des fantasmes que seuls les riches pourront réaliser. Mon discours est peut-être réactionnaire mais c’est tellement plus facile d’en faire l’apologie puisque finalement nous sommes tous et toutes conditionnés par la publicité et sa finalité : vendre en contrôlant notre désir. Chéri, tu montes ?
- Que penses-tu vraiment de moi ?
Si ta question est en rapport avec la précédente, sache que je ne suis pas homo. Sinon, je ne vois aucun avantage à s’appeler Michel Meyer ni à tenir un blog, excepté celui d’offrir au monde une vision originale, poétique et sincère. Et c’est bien là, ton intention et ta réussite. Mais si mes souvenirs sont exacts, il me semble t’avoir aidé à déménager. N’est-ce pas là une preuve d’amitié ?
- Si tu avais (eu) la possibilité de dézinguer quelqu'un, qui choisirais-tu (aurais-tu choisi) ?
Moi, sans aucun doute. Avec le meilleur des poisons. J’entends par là, celui qui mène à l’extase et la pure vérité. Un somnifère mortel et sans douleur. A ce sujet, je suis d’ailleurs prêt à retourner une dernière fois aux urnes pour soutenir le premier gouvernement qui le proposera en vente libre dans toutes les bonnes pharmacies. Que cela soit redit et amplifié.
- Le travail c'est une nécessité, une punition, une voie de salut ... c'est quoi pour toi le travail ?
En tant que générateur de culture, il me semble que Karl Marx ne renonçait pas au travail contrairement aux anarchistes. En ce qui me concerne, le débat autour de ce mot me semble opportun tant qu’il s’agit de dénoncer l’exploitation de la pauvreté au service d’une société déshumanisée. Après, il ne s’agit que d’un mot dont le définition varie suivant les individus. Sur le sujet, il existe un livre de Jeremy Rifkin sur la fin du travail. Je ne l’ai pas lu jusqu’au bout mais l’idée que les machines nous délivreront de nos peines me fascinent. Je crois cependant que nous en sommes encore très loin, et surtout, il faudra veiller à partager les richesses. Oui, je suis encore utopiste dans mes heures perdues. Or, selon moi, la limite entre lutte syndicale et démagogie est étroite. La valeur travail ou anti-travail n’est qu’un étendard stérile agité par des gens sans aucune once de créativité. A mes yeux, les clowns habillés en jaune fluo auront plus d’avenir dans l’arène politique que les idéologues bien à l’aise dans leur boulot de journaliste polémique payé par l’Education nationale ou la DRAC. Le syndicalisme n’a plus besoin de nouveaux cinéastes. Il suffit de regarder le cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein ou les Temps modernes de Charlie Chaplin. Le plus triste est que le système capitaliste se nourrit de sa critique pour mieux se consolider. 1984 de Georges Orwell explique cela très bien, mieux d’ailleurs que les situationnistes. Donc, la seule chose à laquelle je crois, c’est l’épanouissement collectif par l’introspection individuelle. Accompagnés d’un billet de 20 euros, les bons livres de psychologie devraient être distribués gratuitement dans les boîtes aux lettres.
- L'alimentation est-elle vraiment si importante ?
Ta question me fait penser que je n’ai rien avaler depuis ce matin…Des études ont été faites pour estimer la quantité d’argent nécessaire pour nourrir toute le planète. Le résultat démontre que cela aurait pu être fait depuis des lustres et que cela ne représente qu’une très faible somme à l’échelle de la macro-économie. Cette idée est plus que révoltante. Le climat général est à l’individualisme. Chaque Nation est barricadée derrière ses frontières en attendant que son voisin l’attaque et lui vole son pain. Où est l’intelligence là-dedans ? Autant rester au RMI…Plutôt que de participer à des luttes religieuses issus du Moyen-âge. Le seul gagnant, c’est le marchand d’armes. Et encore, une fois rentrer chez lui, comment voulez-vous qu’il puisse aimer sa femme, ses enfants et lui-même, avec un métier pareil. Heureusement, il prend des cachets pour dormir. Les mêmes que Paul W. Tibbets, le pilote du B-29 Enola Gay au-dessus d’Hiroshima.
- Comment perçois-tu le 21e siècle ?
De nature assez pessimiste je dirais qu’il sera une boucherie de plus où seuls les plus favorisés sortiront vainqueurs et le feront savoir. Sans compter la pollution de l’atmosphère et de nos organismes par les rejets carboniques. C’est d’ailleurs ce que j’ai essayé d’exprimer dans mon premier roman,. L’histoire se répète jusqu’au jour où nous laisserons des intelligences supérieures décider à notre place, c’est à dire les robots sortis de notre imagination. Pourrons-nous en décider ? je ne suis pas prophète. Pour l’instant, je me contente de participer à l’évolution et d’acheter des cigarettes au coin de la rue. Eh, oui j’ai repris…
http://thomas.ruff.free.fr/
21:35 Publié dans approches de l'altérité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.09.2007
Une fille en été
à midi
le soleil écrase tout par ici
le vent, le vent
on sait même pas c'que c'est
sur un long trottoir désert
à l'ombre du ciment locatif
y'avait cette fille
en face de moi
nous nous sommes vus
forcément
elle m'a beaucoup plu
beaucoup
j'avais envie de la sauter
j'aurais fait, j'aurais fait, j'aurais fait
je sais pas
j'aurais pu faire
elle était bien faite
juste pour moi
nous étions tous les deux
seuls
je suis passé
elle est partie
en sens inverse
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