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25/10/2012

comment dire

héros fada rasoir
beau comme un rostre
du peps, du pif, une tranche de foie
blêmit devant le brave yéti rasé
plaide annuellement
échoue régulièrement
revend ses jouets
et le sud détaxé

 

16/09/2012

je courais

 Je courais sans but, piqué par une incroyante frénésie. Le décor patiné de mon existence défilait devant mes yeux fous.
Je désirais l'explosion des circonstances usées, l’annihilation de mes relations oxydées.
Je courais, je courais
Dans la ville maudite qui me vit naître
Je courais pour échapper aux égrégores
Je courais vers les étoiles
Je courais pour tout quitter
Je courais pour me laisser derrière moi
Je courais sans arrêt, comme un débile mental
Je courais pour courir, pour vivre et crever en même temps
Je courais
Je ne sais
Je courais

 

13/09/2012

16/9

 

Les baroudeurs de l'info 16/9 fourbissent leurs rédactionnels acéphales
Offrant leur profil putassier à l'objectif décati
D'où giclent les traits de pensée unique
Dans la face du plus-petit-dénominateur-commun
Gavé de séries, de sushis et de pompe biogojnik
Une fois encore tout le monde sera d'accord
Et pas d'accord avec l'évangile médiatique
Tous les jours, le réel rétrécit un peu plus
Pendant que les Guignols de l'Info enfilent les lieux communs
Testés et contrôlés par les clones des sitcoms universellement cons
Et le Bouddha médiamétrique, Grand Timonier de la révolution du Pareil au Même



05/09/2012

Disloqué

 

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Disloqué, toqué et retoqué
Dissolu dans l'illogique généalogie
Fragmenté, fracturé
Organisé, bousculé
Bousculé, organisé
Parmi les strates métamorphiques
Concaténées en dystopies,
Les sillons tranchants des synclinaux historiques
Balayés de vents viraux,
Arpentant les plissements civilisés
Perclus d'éruptions idéelles,
Se figeant en furieux conglomérats
Insensiblement érodés par l'univoque causalité
J'erre hagard dans l'impensé détritique
Et le battement sourd des religions primitives
Pétrifie mon sang

 

01/09/2012

Lac

Lac émeraude, collines
boisées
Rumeur criarde &
imbitable
Spécimens étalés tuant
le temps
Qui les tue en retour
Splash, whizz, whooo,
vas-y, arrête
Onde désirante
assiégeant les corps
Parfumés au Monoï et
au lait de coco
Reste tranquille
Ceci n'est qu'un jeu
Déjà tombe la nuit

14/08/2012

Violence

 

violence,média

 

Je suis tombé (par inadvertance?) sur une vidéo terrifiante sur youtube, à savoir l'égorgement puis la décapitation d'un homme à la solde du régime syrien d'El Assad. Cela m'a traumatisé. Ce n'est pas la première vidéo atroce que je vois, j'avais déjà été auparavant terrorisé par la maltraitance du tyran lybien Khadafi, livré à la vindicte populaire; encore auparavant j'assistais, tétanisé d'horreur, à la mise à mort d'individus africains, brûlés vifs par leurs congénères, pour avoir pratiquer la sorcellerie. Tout cela se passe sur le continent africain, au Moyen-Orient, en Chine, un peu partout en fait, de temps à autre en France, nous pouvons en avoir une représentation médiéé, par le web, libéré des frontières nationales, idéologiques et culturelles.

Cette possibilité d'assister à la monstruosité du monde et de ses habitants est tout à fait récente. Auparavant, tout cela était filtré par le journalisme de masse, qui ménageait nos sensibilités délicates. Je ne pense pas vivre dans un monde plus monstrueux, plutôt l'inverse en fait; simplement ces aperçus flippants de brutalité donnent la mesure du degré de violence physique qui existe toujours dans le monde, loin de nos rivages civilisés. Cette réalité, expurgée de ses images les plus atroces par les média de masses, par souci de ménagement de leur public, a peut-être contribué à déréaliser cette violence.

Pourtant cette violence se retrouve également chez nous, dans les shooting games des ados, dans les carnages que perpétuent certains psychopathes meurtriers, dans les arts, beaucoup dans les arts: je pense aux actionnistes viennois, je pense aux romans de Bret Easton Ellis, qui établissent un lien de causalité troublant entre la cruauté et l'ultra-libéralisme. Je pense à cette contre-culture qui vomit le monde contemporain et sa stupidité, sa forfanterie ou sa perversité, dans des oeuvres où la dégueulasserie en remontre à la monstruosité.

Ce mélange de mièvrerie et de brutalité virtuelle, qui semble être l'apanage des pays démocratiques (et notamment celui de la France, le pays "normal" des gens "normaux") est soumis à rude épreuve avec ces décharges de violence réelle transportées par le web. Ceci pendant qu'on continue à étendre le domaine de la non-violence physique notamment avec la lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants, aux personnes agées, aux animaux, aux minorités de toutes sortes, aux gens qui affichent leur différence. J'ai l'impression diffuse que cette croisade contre la violence physique provoque quasi-mécaniquement sa recrudescence dans le registre psychologique, dans un principe de vases communicants. Et qu'en est-il de l'indifférence, avons-nous là affaire à la forme la plus raffinée de la violence ?

Tout ceci m'amène à me demander s'il est sensé de concevoir un monde dépourvu de violence. La violence n'est-elle pas irrémédiablement et viscérablement consubstantielle à l'être humain? Et dans ce cas, peut-on envisager d'apprivoiser cette violence, réapprendre à vivre avec, plutôt que fantasmer son éradication ? C'est peut-être ce que nous faisons de fait.

23:00 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : violence, média

27/06/2012

Grattements névrotiques

 

poésie,marais,fin du monde



grattements névrotiques
déplacements furtifs
fouissements compulsifs
syncopes de claquements
craquements inopinés
clapotements vaseux
glouglous gouleyant
chapelets de cris hystériques
lamentos d'ululements

cherchant la solitude
dans les marais de la forêt rhénane
on se sent rapidement envahi
par une insupportable et
invisible multitude
travaillant frénétiquement
à une perpétuelle fin du monde


24/06/2012

Rayez les mentions inutiles

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Rayez les mentions inutiles,
Mentionnez les rayures utiles,
Utilisez les mentions rayées,

Rayonnez, inutiles mentions !

Ulysses des rations mesurées,
Nation de mesures entuilées,

Ratifiez l'immense inutile !

Ustensiles tarés de mes cieux,
Monstres et rats si utiles,

Mensualisez vos ratures inutiles !

Et tu coches, tu renseignes et tu certifies
Et tu rayes ces mentions superflues,
Et tu te rapproches du grand vide sidéral.

 

 

07/12/2011

Donoma - état des lieux

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Ah il a choppé quelque chose de rare et subtil ce Djinn Carrénard dans son Donoma. Il a attrapé ce truc qui fait que tous les autres films ont soudain l'air d'être des objets parfaitement spécieux et scandaleusement coûteux. Ce film révèle ce que tous les autres ont de compassé et de finalement juste très chiant. Pas de chichiteries, pas d'histoire à dormir debout, pas de déploiement de pognon ni de strass, exit les poses affectées cinélogiques, mais de l'intelligence, de la poésie, de la nécessité et de la grâce. C'est tout le charme de ces productions désargentées, qui carburent à l'énergie et à la foi, et qui ne doivent leur succès qu'à la pertinence de leur propos.

"Un film autour de l'amour" qu'il dit le Carrénard. "Je m'intéresse aux deux moments clés de l'histoire d'un couple: sa naissance et sa fin". "Entre les deux, ce n'est la plupart du temps qu'un malentendu" qu'il dit encore le Djinn (il ne le dit pas comme ça, mais l'esprit y est). Et effectivement on voit toutes sortes d'individualités, toutes sortes d'histoires, essayer de se sublimer à travers l'amour. On voit comment l'amour se prend des retours de réel dans la gueule et tente sa chance ailleurs et autrement. Il y a cette histoire scabreuse entre une prof d'espagnol délurée et son élève récalcitrant, d'origine espagnol lui aussi, qui vont se rentrer dans le lard à travers cette langue, chargée pour chacun d'eux, d'une valeur affective diamétralement opposée. Il y a cette "sainte" qui s'occupe de sa sœur leucémique qui entrave son individualité, cette "sainte" qui voit surgir des stigmates christiques sur son corps lorsqu'elle s'intéresse à un skinhead repenti cherchant Dieu, cette "sainte" qui explique à sa psy qu'elle lévite, et que cette dernière tentera de faire interner. Il y a cette surprenante et magnifique histoire d'amour silencieuse entre cette fille qui tente d'échapper à un pseudo-déterminisme qui voudrait qu'"on s'associe toujours amoureusement à des gens qui nous feront du mal" et qui choisi donc son amoureux au hasard et impose une loi du silence à leur relation, jusqu'à ce que la situation devienne ingérable.

Qui sont et d'où viennent ces personnages ? Ils sont très différents les uns des autres, différents dans leur couleur de peau, dans leurs origines, dans leur classe sociale, dans leurs motivations, mais tous ont des individualités très fortes, excepté peut-être le personnage que joue l'auteur lui-même, et qui semble faire fonction de contrepoint. Ces personnages apparaissent comme des individus émergents d'un collapse idéologique où se retrouvent les problématiques du racisme, de la lutte des classes, de la signification du mot dieu. Mais tout ça c'est du blabla, c'est de la cosmétique, en réalité ils doivent juste se débrouiller dans un environnement instable et incertain. Le rapport à l'amour est particulièrement intéressant dans ce film, pas de sublime adéquation entre deux êtres, mais une perpétuelle négociation du geste amoureux. Une sorte de gestion économique de l'amour.

Les personnages passent d'un récit à un autre, les récits se mélangent, la chronologie s'inverse. Les espaces sont atomisés et les personnages sont la plupart du temps enfermés dans des plans serrés; on ne trouve quasiment jamais de plan d'ensemble permettant de situer les personnages et les choses les unes par rapport aux autres. Pas de plan d'ensemble donc, mais une caméra qui colle aux personnages et les suit dans leurs errements, une caméra portée avec une courte profondeur de champs, mouvements fébriles, incessantes mises au point. Une musique aux allures new-âge et aux vertus relaxantes (j'ai pas dit laxatives), vient régulièrement détendre le propos, sans lui conférer cependant de couleur particulière.

Il y a quelque chose de Cassevetes dans ce film, peut-être avec plus de douceur, alors même que Djinn Carrénard n'y fait guère référence. Mais il y a cette même volonté de sortir des mécaniques de fonctionnement artificiel, de tomber les masques, d'exposer l'humanité dans sa crudité, dans sa fragilité, dans son évanescence.

Donoma, c'est un film qui, lorsqu'on le regardera dans 50 ou même 100 ans, nous renseignera sur la fébrilité de la jeunesse française, dans les années 2010-2011.




02/09/2010

Tournée de Mathieu Amalric


Digne Héritier de Cassavetes. Un film sanguin dans une France exsangue. Les personnages sont vivants, traversés par l'émotion, en crise. Ils s'aiment, se détestent sur fond burlesque de "show must go on". Tragique.

Ode à la femme, la "vraie", non pas l'icône cosmétique, cette "belle femme média-normée", totalement coincée, complexée, triste, dont l'unique fonction semble être de figurer l'antithèse de la créature féminine amalricienne. La créature amalricienne est charnue, séduisante, d'une vitalité dyonisiaque. Elle annexe totalement la réalité diégétique aux hommes relégués à des fonctions d'intendance. Et dans cet univers féminin, le double amalricien offre le spectacle émouvant et tragique d'un funambule traversant le gouffre de la crise masculine.

I love it.