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27/03/2015

constructions

dans la revue Ouste

24/03/2015

SS

avec ss on peut faire plein de choses, fesse sourde et lancinante comme une promesse suisse de caresse essentielle, assyrienne chasseresse, paresse

la presse, un je ne sais quoi d'oppressant, l'epr pre c'est là que ça se passe, et ça s'ensuit avec ss, comme un vieux pet sympathique

le cas compresse laisse songeur

assurance assez rance

assez c'est suffisant

colossal, intéressant, ss oo ll c a

alcool ss, cosa lol s

l cool ass

cycle



23/02/2015

tête et cul

À force de se désaxer pour comprendre l'altérité, il n'est pas impossible d'éprouver quelques difficultés à différencier sa tête et son cul. Ce n'est pas forcément très grave, parce qu'aujourd'hui on pense très bien avec son cul, souvent bien mieux qu'avec sa tête. Et un cul est bien moins fragile qu'une tête, aucun risque de céphalée, de surchauffe ou de confusion; un cul ça chie mou ou dur et c'est à peu près tout. En outre on peut aussi s'asseoir sur son cul, c'est très pratique. Bien entendu, on peut aussi s'asseoir sur sa tête; en réalité, passé un certain stade, on peut à peu près s'asseoir sur n'importe quoi, tout fait à peu près cul. Pour ce qui est de penser avec son cul, il est bien évident qu'il ne faut pas être trop difficile. Évidemment, un cul ça pense moins bien qu'une tête, mais, je le répète, il peut s'avérer très pratique de contourner certaines nuances lorsqu'on pense. Exemple: vous êtes avec une bande de culs et vous devez échanger des informations, si vous vous servez de votre tête, il est possible qu'il y ait confusion, alors que de cul à cul, généralement ça passe très bien. Mais attention, avec un cul on ne peut pas tout penser, c'est quand même un peu limité. La dernière fois, j'ai essayé de lire Flaubert avec mon cul, je suis pas sûr d'avoir tout compris. Donc, quand même, réserver la tête pour les choses difficiles. Rassurez-vous, aujourd'hui, les écrivains de la trempe de Flaubert n'existent plus, et on s'en sort généralement très bien avec son cul. Du coup, on ne sait plus très bien à quoi sert la tête, mais comme vous le savez (attention, là il faut utiliser sa tête) nous sommes dans un lent processus d'adaptation à l'environnement (cf Darwin) et si l'usage de la tête devait perdre de son importance, elle s'atrophierait tout naturellement et nous ne nous en porterions pas moins bien, sauf évidemment pour lire Flaubert. Cela dit on peut très bien vivre sans Flaubert, il n'y a pas que Flaubert dans la vie, il y a aussi la télévision, et elle, on peut très bien la comprendre avec son cul.

16/12/2014

un sachet

C'est l'histoire d'un sachet qui n'emballait plus grand chose, mais il était content, quand même, le sachet, de pouvoir continuer à emballer, ne serait-ce que du vide, sans cela, il ne serait plus un sachet, son être-sachet serait menacé dans son essence même, il commencerait à se prendre pour une patate ou un four à micro-onde, et ce serait une catastrophe, parce qu'il n'est rien de tout ça, il est un sachet, il le sait, il se sent sachet, au plus profond de son âme, même s'il n'emballe plus que du vent - c'est chouette le vent, c'est gros de la rumeur du monde, et ça peut s'emballer.

21/10/2014

nous sommes le cube

Dans un vortex procédant du néant,
dont le nom était déjà galvaudé,
des bras et des jambes rivés aux parois,
s'agitaient en tous sens, en toute indécence,
évidant le rêve de sa moelle épinière;
ricanements et sanglots se confondaient
en un affreux et constant hurlement,
et constituait l'épiphanie des temps à venir.

Là, dans ce maëlstrom insensé, tu étais,
moitié chair, moitié symbole,
traquant ton semblable composite,
luisant de tes mille feux,
super-nova d'outre-tombe,
délivrant des oracles boréaux
au saurien qui me dévorait les yeux.

La machine machinait machinalement,
tourneboulant nos quadripôles déréglés,
incendiaire de nos corpus pariétaux,
métamorphisant nos os assoiffés,
et cette incroyable créature apparut,
et de sa bouche glossolale dit:
"nous sommes le cube".

Subjugués nous nous figeâmes,
des jours, des années, des éons,
nous devînmes ces montagnes
de pierre dévorante qui pensent,
sanglotent et prient les vents
de rallumer cet incendie,
cette folie.

05/10/2014

paraboles disjonctives

dans la revue 17 secondes

paraboles disjonctives

dans la revue Le Capital des Mots

24/09/2014

(((Ssshhhh)))

dans la revue lorem_ipsum

22/09/2014

ceci n'est pas

 

ceci n'est pas un statut
c'est juste une statue
tapie dans l'effeuillage
dont l'attrait surnage
et chante la matière

ceci n'est pas une statue
c'est juste un jaillissement
d'immobile émouvant
qui surveille quelque chose
qui ne cesse de cesser

ceci n'est pas une image
c'est juste une convention
mondaine et terreuse
de traits et de couleurs
qui combattent et reposent

ceci n'est pas un poème
c'est juste un paquet de mots
réunis par hasard
qui essaye de comprendre
de quoi il en retourne

18/08/2014

la chambre bleue

Un bien beau film de Mathieu Amalric, adapté du roman éponyme de Simenon, cet écrivain balzacien des petites histoires, des petites gens, au style très épuré, d'une redoutable efficacité. Et le film parvient magistralement à reproduire cette économie stylistique. Le roman date de 1964, le film est contemporain mais évacue assez parfaitement tout ce qui ressort de la modernité: pas de portable, pas d'internet, une temporalité complètement inactuelle avec des objets néanmoins contemporains; ce mélange forge une sorte d'enclave étrange, un temps suspendu. Dans ce film, nul cinglé psychopathe, pas de fou de dieu, ni d'übermensch auquel vous pourriez vous identifier; juste une passion amoureuse qui, certes, dérape. Et puis vous avez un vrai couple mis en scène, Mathieu Amalric et Stéphanie Cléau et ça donne évidemment une qualité de jeu très subtile, un jeu à peine joué. Et comme ils sont beaux ! C'est aussi un film très reposant, loin de ces films qui vous prennent par le colbaque et vous assènent des messages dans le cortex à grands coups de clichés, slogans et autres raccourcis simplificateurs, comme si vous étiez une sorte de demeuré, incapable de vous faire votre propre idée sur ce qu'on vous présente. Même le format 4/3 du film est anti-spectaculaire. Vraiment on respire dans ce film, il y a une belle place pour le spectateur, on peut y trainer, on peut même penser à autre chose. D'ailleurs les acteurs du film eux-même semblent souvent penser à autre chose, ils jouent évasivement, comme si c'était pas si important dans le fond, juste une convention à respecter. Vous êtes par conséquent devant un film, pensant à autre chose, face à des acteurs qui, eux-aussi, pensent à autre chose, et c'est très rassurant parce qu'il y a quand même une histoire, il y a un drame si vous n'avez rien à penser, il y a tout ça, ils ont tout prévu, c'est génial ! Et devant ce genre de film, qui requiert une sorte d'attention flottante, on devient soudain plus attentif à cette qualité, pour ainsi dire suspendue, de jeu, et à cette narration évaporée, et on s'attache aux plis des draps, à ce mouvement inattendu du bras, aux motifs étranges de la tapisserie et ensuite on retourne à ses pensées et on y mélange le film. Tout ça est possible parce qu'il y a cette place particulière allouée au spectateur, et quand on sort du film on peut difficilement le résumer en deux phrases, c'est un climat, une atmosphère avec des gueules d'atmosphère, et tout cela traîne paresseusement dans l'esprit, et on rentre chez soi et on écrit un article et on ne sait pas comment finir l'article, mais on le finit quand même, parce qu'on a pas que ça à faire.