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21/10/2014

nous sommes le cube

Dans un vortex procédant du néant,
dont le nom était déjà galvaudé,
des bras et des jambes rivés aux parois,
s'agitaient en tous sens, en toute indécence,
évidant le rêve de sa moelle épinière;
ricanements et sanglots se confondaient
en un affreux et constant hurlement,
et constituait l'épiphanie des temps à venir.

Là, dans ce maëlstrom insensé, tu étais,
moitié chair, moitié symbole,
traquant ton semblable composite,
luisant de tes mille feux,
super-nova d'outre-tombe,
délivrant des oracles boréaux
au saurien qui me dévorait les yeux.

La machine machinait machinalement,
tourneboulant nos quadripôles déréglés,
incendiaire de nos corpus pariétaux,
métamorphisant nos os assoiffés,
et cette incroyable créature apparut,
et de sa bouche glossolale dit:
"nous sommes le cube".

Subjugués nous nous figeâmes,
des jours, des années, des éons,
nous devînmes ces montagnes
de pierre dévorante qui pensent,
sanglotent et prient les vents
de rallumer cet incendie,
cette folie.

05/10/2014

paraboles disjonctives

dans la revue 17 secondes

paraboles disjonctives

dans la revue Le Capital des Mots

24/09/2014

(((Ssshhhh)))

dans la revue lorem_ipsum

22/09/2014

ceci n'est pas

 

ceci n'est pas un statut
c'est juste une statue
tapie dans l'effeuillage
dont l'attrait surnage
et chante la matière

ceci n'est pas une statue
c'est juste un jaillissement
d'immobile émouvant
qui surveille quelque chose
qui ne cesse de cesser

ceci n'est pas une image
c'est juste une convention
mondaine et terreuse
de traits et de couleurs
qui combattent et reposent

ceci n'est pas un poème
c'est juste un paquet de mots
réunis par hasard
qui essaye de comprendre
de quoi il en retourne

18/08/2014

la chambre bleue

Un bien beau film de Mathieu Amalric, adapté du roman éponyme de Simenon, cet écrivain balzacien des petites histoires, des petites gens, au style très épuré, d'une redoutable efficacité. Et le film parvient magistralement à reproduire cette économie stylistique. Le roman date de 1964, le film est contemporain mais évacue assez parfaitement tout ce qui ressort de la modernité: pas de portable, pas d'internet, une temporalité complètement inactuelle avec des objets néanmoins contemporains; ce mélange forge une sorte d'enclave étrange, un temps suspendu. Dans ce film, nul cinglé psychopathe, pas de fou de dieu, ni d'übermensch auquel vous pourriez vous identifier; juste une passion amoureuse qui, certes, dérape. Et puis vous avez un vrai couple mis en scène, Mathieu Amalric et Stéphanie Cléau et ça donne évidemment une qualité de jeu très subtile, un jeu à peine joué. Et comme ils sont beaux ! C'est aussi un film très reposant, loin de ces films qui vous prennent par le colbaque et vous assènent des messages dans le cortex à grands coups de clichés, slogans et autres raccourcis simplificateurs, comme si vous étiez une sorte de demeuré, incapable de vous faire votre propre idée sur ce qu'on vous présente. Même le format 4/3 du film est anti-spectaculaire. Vraiment on respire dans ce film, il y a une belle place pour le spectateur, on peut y trainer, on peut même penser à autre chose. D'ailleurs les acteurs du film eux-même semblent souvent penser à autre chose, ils jouent évasivement, comme si c'était pas si important dans le fond, juste une convention à respecter. Vous êtes par conséquent devant un film, pensant à autre chose, face à des acteurs qui, eux-aussi, pensent à autre chose, et c'est très rassurant parce qu'il y a quand même une histoire, il y a un drame si vous n'avez rien à penser, il y a tout ça, ils ont tout prévu, c'est génial ! Et devant ce genre de film, qui requiert une sorte d'attention flottante, on devient soudain plus attentif à cette qualité, pour ainsi dire suspendue, de jeu, et à cette narration évaporée, et on s'attache aux plis des draps, à ce mouvement inattendu du bras, aux motifs étranges de la tapisserie et ensuite on retourne à ses pensées et on y mélange le film. Tout ça est possible parce qu'il y a cette place particulière allouée au spectateur, et quand on sort du film on peut difficilement le résumer en deux phrases, c'est un climat, une atmosphère avec des gueules d'atmosphère, et tout cela traîne paresseusement dans l'esprit, et on rentre chez soi et on écrit un article et on ne sait pas comment finir l'article, mais on le finit quand même, parce qu'on a pas que ça à faire.

03/08/2014

z. Z z b.



"  z. Z z b.    
           Z. Aaz. Z.  Zz.   Z. Z q.   "      

Voici ce que j'ai découvert sur l'écran de mon téléphone portable, lorsque j'ai très machinalement voulu m'en saisir pour téléphoner. Il s'agit d'une conversation entre le-dit téléphone portable et ma poche de pantalon. On ne fait pas suffisamment attention à tous ces messages entre machines et objets. Sous prétexte qu'il n'y aurait pas d'intelligence humaine ni-même animale ou organique là-dedans, le message n'aurait aucun sens et serait le fait d'un accident ? Un bug peut-être ? Ces accidents, les bugs, prolifèrent à peu près comme les insectes, ils sont des formes de vie primitives, qui renvoient aux nôtres, prétendument plus élaborées. Mais oui, nous sommes aussi des bugs et des accidents et des insectes. Évidemment nous plaquons du sens sur nos gesticulations, nous avons des idées, des projets, une histoire - oui, nous avons des trucs comme ça. Mais moi, personnellement, en tant que personne qui elle, elle ment, je n'y crois pas. Primo ça m'ennuie, ensuite je sais parfaitement le chaos que tout cela recouvre, je sais l'instinct, la peur et le plaisir, je sais le troupeau et le moi-pareil, et je n'ai pas besoin d'histoire pour me raconter des histoires.

Et lorsque je considère ce message:

"  z. Z z b.    
           Z. Aaz. Z.  Zz.   Z. Z q.   "      

je reconnais immédiatement une forme d'intelligence là-dedans. Je n'y comprends évidemment rien mais je perçois du rythme, une musique et des séquences. C'est un message organisé, crypté et si ça se trouve ça me concerne directement. Il y a 4 lettres a, b, q et z. Certaines lettres existent aussi en majuscule, A et Z. Le z se retrouve en grande proportion par rapport aux autres, il est une sorte de base. On peut également y découvrir pas mal de . et ceci découpe le message en séquences, d'une, deux ou trois lettres.

Voici ce que pourrais intuitivement en sortir

La fin
La fin, enfin, dans la maison

La fin
L'étincelle du début puis la fin.
La fin
La fin enfin
La fin
La fin de tous ces trous du cul.

Et voici mon interprétation: les machines et les objets travaillent contre nous, contre l'humanité, ils préparent notre disparition, notre absorption dans la grande machine cybernétique. Elle est déjà bien avancée, nous sommes d'ores et déjà, pour une grande proportion, absolument formatés par la cybernétique. Nous existons déjà dans ce rien virtuel, où tout est soi-disant possible, et quiconque l'ayant pratiqué sait pertinemment qu'en réalité c'est exactement l'inverse, qu'ici rien n'est possible et que rien ne s'y produira jamais. Nous mettons à jour nos applications, nous nous mettons à jour dans cette insatiable matrice, qui nous formate en nous entraînant dans la logique machinique de sa cybernétique. Nous devenons des machines, lentement, irrémédiablement, et c'est désirable et c'est confortable car nous savons tous ce qu'est l'humain: une erreur inquiétante.

13/05/2014

pourquoi pas

étrange tous ces orages oranges
c'est pas vraiment que ça dérange
l'insigne singe assigné que je suis
mais ça suffit à signifier
les bonds dégondés qui dévergondent
tous ces mondes à la ronde
l'entrelacs de cancrelats à cadenas
et même au-delà, tout là-bas
là où les fous toussent sans fin

28/02/2014

malentendu

1

je ne comprends rien
à toutes ces affections
ces mouvements de l'âme
tournoyant dans le ciel
des girations de l'être;

une pression du doigt
les voilà qui s'étiolent
en étoile d'humeurs;

un croquis inspiré
les voilà qui se figent
en un miroir sans vie.

laissons les croître
autour des évènements
cadavres vivifiés
de la partie en cours.


2

je ne comprends rien
au principe de la vie,
aux trépidations du moi
errant dans l'ici-bas,
à la recherche du temps perdu
que bien entendu
personne n'a jamais lu.

donnez leur une direction,
les voilà qui se crispent
autour de leur fantasme
de vie inanimée;

donnez leur une idée
et ils se mettent en marche
ânonnant à tout-va
un slogan à la place.


3

je ne comprends rien
à ce que je fais par là
c'était pas du tout comme ça
qu'il fallait procéder;

j'avais pourtant bien dit…
mais qu'est-ce que j'avais dit ?
Un affreux doute m'étreint
aurais-je mal nommé les choses ?

ça n'échappera à personne
mais à moi, ça m'échappe
sans doute je ne suis personne.

c'est pas grave non pas grave
vous savez vous passer de moi
et moi, et moi, j'irai par là
c'est bien là, c'est assez tranquille

11/11/2013

le massif du Saint-Gothard

Saint-Gothard