26.10.2008

Notez bien

Difficile de redémarrer après le précédent billet, je suis comme sous l'emprise de ma propre injonction. C'est d'ailleurs toujours ce qui m'a diffusément angoissé dans l'écriture, le fait que le texte puisse devenir programmatique, prophétique, et finisse par conditionner l'existence.

Donc de fait je vous propose ce billet sans objet. En gros, juste des phrases, pour vous délasser, sortir de vous-même deux secondes. Mais attention ! Vous ne gagnerez peut-être pas forcément au change !! Vous prenez peut-être même un sacré risque !!!

Pour calmer je jeu, je vous annonce tout de suite que ce texte sans objet n'ira pas au delà de cinq paragraphes. Nous n'avons pas que ça à foutre, bien entendu.

Donc des phrases. En voilà déjà une de sept mots. C'est très facile en fait. Et je peux pratiquement écrire n'importe quoi. Par exemple: la journée était belle malgré les pluies intérieures, ou encore: j'aime le nougat et le magret de canard. Ensuite j'enchaîne avec celle-ci, un peu plus longue, avec des complications, des conjonctions subordonnées élégantes, des éclaircissements, et qui finit par s'interrompre brutalement sans aucune explication.

Tout cela pour aborder présentement l'ultime paragraphe de ce texte sans objet. C'est là que je boucle et que tout le monde descend. Vous pouvez maintenant regagner vos pénates, c'est la fin de la communication. Nous espérons que vous avez passé un agréable moment en notre compagnie, et vous souhaitons une bonne continuation.

30.09.2008

silence bordel !

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podcast

25.09.2008

Entre les murs

Un bien beau film, un rien chiant, donc pas si mal en fait. En France il semble y avoir un véritable engouement pour les films autour de l'école, l'épicentre de la crise sociétale, à laquelle nous ne comprenons plus grand chose.

Il s'agit donc d'un film politique, cependant réalisé par un cinéaste non engagé. Situé entre le réel et la fiction, avec des acteurs et des non-acteurs, disons des actants pour utiliser un mot qui en jette un peu, le film expose les difficultés d'un enseignant (idéaliste?) à faire son travail dans le contexte tendu d'une sorte de classe de ZEP. En l'occurence, cette approche mixte fiction/documentaire est importante, parce que ce mélange des genres crée une ambiance, une qualité très particulière, sorte de néo-réalisme à la française. Le film a été tourné en vidéo numérique avec 3 caméras tournant en continu, dans la longueur, et ceci pour pouvoir capturer des instants très fugaces, et laisser "le réalisme" imprimer sa marque dans le film.

Et donc nous suivons le protagoniste, jeune professeur principal de français, profil de gauche, sentimental, aux prises avec une classe d'élèves d'origines diverses: afrique, asie, maghreb, europe - à l'image du XXe arrondissement de Paris. Ce professeur se trouve également être l'auteur du livre éponyme, ainsi que le coscénariste du film, ajoutant davantage de confusion entre le réel et la mise en scène. Cela se passe dans un collège du XXe arrondissement de Paris, où ce professeur s'évertue à instaurer un climat sympa, open mais pas trop, avec ces élèves de 4e qui en profitent un peu mais pas trop. Et là nous avons Souleymane, un élève d'origine malienne, que ce professeur arrivera, à contrario, à faire exclure du collège, avec la perspective d'un retour forcé au Mali (spécial dédicace à Sarko).

Le scénario est bien échafaudé, les personnages sont attachants, mais le propos reste assez caricatural, voire simpliste. Le film se demande (et nous demande) si l'école - que l'on désigne idéalement comme le lieu de "la chance pour tous" -, est dans son rôle lorsqu'elle est à l'origine du renvoi d'un élève, apparement mal adapté.

Malgré son inadaptation, Souleymane est un individu intéressant, selon la grille d'appréciation du jeune professeur, et de la mienne aussi. C'est lui qui, à l'occasion d'un exercice d'autoportrait, en arrivera à dire au professeur, qu'il n'a pas l'habitude de se dévoiler en public, ce qui paraît parfaitement légitime et remet en question l'exercice. La transparence n'est-t-elle pas liberticide ? De plus, il a un magnifique tatouage sur l'épaule, inspiré du Coran, et qui dit en substance: "si tu n'as rien de plus intéressant à ajouter au silence, autant fermer ta gueule", une formule péremptoire qui renvoie le verbiage du cours dans une sorte de néant philosophique des plus intéressants.

Le film s'adresse aux professeurs, à travers cette histoire particulière de prof qui "travaille à la paix sociale", en plus ou au delà de ses attributions d'enseignant, et qui, semble-t-il, se retrouve piégé dans l'engrenage fallacieux de l'exclusion d'un élève, alors qu'il favorise dans sa façon de faire, une ouverture et une souplesse entre la position de l'enseignant et la position de l'élève.

Pour conclure, je dirais qu'il s'agit d'un bon film, qui pose des questions, et se garde bien entendu d'apporter la moindre réponse. Si tu n'as rien de plus intéressant à ajouter au silence, autant fermer ta gueule.

13.09.2008

Darwin, la selection naturelle et le bonheur

Selon l'éminent scientifique, le "struggle for life" est compatible avec le bonheur, et non seulement il est compatible mais en plus il est nécessaire. Dans l'autobiographie du bonhomme, je découvre avec stupéfaction et ravissement que l'espèce humaine n'aurait jamais pu perdurer sans sa naturelle prédisposition pour le bonheur. Darwin n'était pas croyant, il était très éloigné de tous les mythes religieux, mais persuadé à la fin de sa vie, que l'homme, contrairement à ce qu'indique le christiannisme, le bouddhisme, et un certain nombre de sinistres philosophies de la condition humaine, était ontologiquement rivé au bonheur et au bien-être. J'aime autant vous dire à quel point j'ai été soulagé de lire ce passage. Darwin, I love you.

11.09.2008

La possibilité etc ...

Que faut-il penser du premier long-métrage de Michel Houellebecq ?

Pour se détendre tout de suite, disons que ce n'est pas un chef d'oeuvre, nous n'avons pas affaire à un cinéma qui révolutionne le genre, comme ça a pu être le cas pour ses romans et sa poésie. Ce n'est pas un grand film, alors qu'il contient tout de même quelques beaux passages, quelques idées, je suis assez tenté de dire que c'est une mièvre adaptation de son propre roman.

Un film d'écrivain, c'est à dire littéraire, assez chiant en fait.

Il y a par contre une très belle composition musicale de machinchouette. Lyrique, émotive, elle sert à merveille le propos neurasthénique houellebecquien. C'est très délicat de plonger un film dans une musique aussi émouvante, l'ensemble du propos prend définitivement la teinte dramatique de la musique, qui est un vecteur nettement plus prépondérant que tous les autres vecteurs du cinéma. Mais comme c'est une belle musique, et bien c'est une réussite. Je pense même que ce film très statique y gagne beaucoup.

Il y a certes de belles images, m'enfin c'est la moindre des choses pour un film. Cela reste un discours filmique assez pauvre, mettant en avant un texte, des théories, une poésie nettement plus convaincantes dans le roman.

Tout cela est à vrai dire rassurant. J'aurai été profondément choqué de constater que ce génial poète et romancier soit aussi un réalisateur hors pair. Michel Houellebecq est un être humain.

I had a dream

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Je dormais en plein jour, dans un hôtel sur la côte basque. Des choses se sont mises à remuer sous mon cuir chevelu. Puis des champignons sont sortis du haut de mon crâne; ils se développaient très rapidement.  Large chapeau pelucheux, couleur crème virant à l'ocre, aspect général assez repoussant: il s'agissait de coulemelles - en réalité absolument délicieuses.  Je les cueillai en piaffant comme un truc enthousiaste. Bien entendu, tout cela se faisait sans aucune douleur.

Un duo flamenco interprétait une adaptation pour guitare et voix de Carmen dans une église.

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Puis, il n'y eu plus que de la caillasse, des strates minérales.




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Sous le ciel.

 

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Et la montagne.

 

 

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Ma femme, elle, avait bizarrement perdu son visage; sa tête était intégralement recouverte de long cheveux marrons.

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Et elle pondait des oeufs aussi.

C'était super, nous avions la possibilité de faire des omelettes aux champignons, sans avoir recours à quiconque ni à quoi que ce soit. Du producteur au consommateur, nous vivions en parfaite autarcie.

 

 

Puis ce fut Lourdes, j'y avais un petit commerce.

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Notre fille de trois ans : Xantia - qui a récemment rejoint la ligue des X-women juniors -, avait réalisé la synthèse des travaux de Soubirou, Girard, Crick, Watson et surtout Dick.

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La Théorie Mimétique avait littéralement réformé le Freudisme. L'humanité abordait à nouveau un palier décisif de son évolution.

 

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Mon fils Arjuna 7Kyu Bart.jpg

 

- cet autre énormissime génie tout terrain, avait quant à lui simplement découvert un nouveau plan gravitationnel, situé sous le niveau de la mer, résolvant ainsi l'un des problèmes les plus délicat du XXIe siècle: la surpopulation sur Terre. Découverte hasardeuse ? Le hasard n'est-il pas simplement le nom que nous donnons aux conjonctions d'évènements auxquelles nous ne comprenons rien ?

 

 

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conversation.jpg ici, en conversation avec Helmut Glützenbaum, PhD en sciences océaniques.


 

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Nous avions atteint le bonheur.

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Juste ce type bizarre qui rôdait alentours, avec ses deux paires de pompes dans les mains. mathieu.jpgIl me réclamait quelque chose, mais je ne comprenais pas vraiment.



 

 

 

 

 

 

 

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07.08.2008

Organiser le Chaos

Bien évidemment, vous l'aviez sans doute compris, je suis en vacances. But I will be back, to blog again and again, and so on. Et je vous raconterai mes désopilantes wouakances (enfin la première partie) que je n'hésiterai pas une seconde à ranger dans la catégorie du niveau 41. Oui, parfaitement le niveau 41, au bas mot.

Ces wouakances furent géologiques, lithurgiques, et même culturelles. Enfin tout de même pas trop, je tiens encore trop à ma santé mentale.

Et aussi ferroviaires, bien sûr, les wouakances. J'ai revisité le Voyage au Bout de la Nuit, cet incontournable roman. Oui, c'était bien, je l'ai redécouvert, une très belle somme, un bel ouvrage, du beau travail, bref c'est bien. J'ai aussi lu deux bouquins de Mauriac: Thérèse Desquérioux et Le sagouin ; très bien aussi, limpides, hautement cinégéniques, probablement déjà tous les deux adaptés au cinéma (sinon il faudrait le faire). Alors qu'il serait par ailleurs impensable d'adapter le bouquin de Céline au cinéma, beaucoup s'y sont d'ailleurs cassé les dents. Chroniques d'un navet annoncé, que ça pourrait s'appeler; ce serait forcément une catastrophe. J'ai été par moment perplexe devant la stylistique celinienne, la musique est étrange, mélange de fruste et de sublime, Bukowski s'en sera sans doute inspiré.

Puis, j'ai failli me lancer dans un pavé d'Emile Gaboriau: Mr Lecoq, une sorte de précurseur du polar français, mais le bouquin sentait trop mauvais, et puis je crois qu'il était empoisonné aussi. Faut faire gaffe avec certains livres, ils sont empoisonnés.

 Maintenant j'ai un bouquin de Robert Heinlein en chantier. Quand je l'ai trouvé, il ne sentait pas trop mauvais, enfin je crois que je ne me rendais pas trop compte, à cause de l'odeur de la mer qui était si forte, et du soleil qui gelait tout. Mais au bout de 100 pages, il s'est mis  à dégager une odeur absolument infecte, et j'ai commencé à tousser. Je n'ai même pas envie d'en citer le titre, c'est une vraiment une grosse daube, et même pas drôle en plus. Ce type est censé être l'un des meilleurs écrivains de SF de sa génération, et bien moi je vous le dis, c'est de la merde imprimée. D'ailleurs je vais m'en débarrasser immédiatement.

Voilà, je crois que j'ai tout dit pour aujourdhui. Si certains points ne sont pas clairs, je me tiens à votre disposition pour les expliciter.

Je vous aime.

06.07.2008

circulation et stationnement règlementés

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01.07.2008

BlueTurtle, sa vie, son, oeuvre




Madame, Mademoiselle, Monsieur, j'ai le plaisir d'introniser le dénommé BlueTurtle dans la blogosphère. Ce texticule fera office de baptême pour ce mélancolique combattant . BlueTurtle est né pour tenter de devenir joueur de Go 1ère dan, c'est à dire petit senseï officiant dans un périmètre de 19x19 me, sur KGS.

Aujourd'hui, BlueTurtle est stabilisé aux alentours de 14 kyu, ce qui est un niveau moyen, éventuellement prometteur, en tous cas pas foncièrement inadapté.

Le Go est un monde autosuffisant. Il est tout à fait envisageable de vivre exclusivement dans ce périmètre de 19x19 me, entre Noir et Blanc, avec pour unique objectif de vivre et tuer.

Placer deux ou trois Tesuji dans cet embrouillamini de connexions plus ou moins stables, développer des séquences Sente, en concéder d'autres Gote, vivre et tuer pour acquérir du Territoire et de l'Influence, que demander de plus à la vie ?

Bien entendu vous pourrez suivre l'évolution de BlueTurtle sur KGS, apprécier comment il annexera le territoire, comment il se remettra des attaques saignantes de ses adversaires ...

BlueTurtle, je te souhaite tout le succès que tu mérites (oui, je sais, autant fermer sa gueule, mais bon il fallait absolument une neuvième phrase). Ça va pas être facile, va falloir tailler dans la bidoche, va falloir rester alerte, ne pas céder aux fallacieuses invitations des sirènes, déjouer les pièges les plus sournois, gérer la peur, savoir abandonner, enfin vaincre et rester digne.

20.06.2008

répit

 

 
podcast
 

 

 

DSC_00706.jpgde temps à autre il y a répit
dans la lutte intestine de l'envers

la poésie se fait alors caresse
et rafraîchit les pics en sang

  je ne pense plus à mes dents
ni à mon sexe, ni à ma peau
j'écoute la musique des océans
chaude
qui ruisselle
le long du
corps vitaminé
des choses alentours