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22/09/2007

Poésie en iv(r)e et ien

Dans l'eau vive
Tu te tiens

Quelque part sur la rive
Il y a d'autres martiens

Tu as l'air d'être ivre
Tu manques de maintien

Retourne dans ton livre
Ça ne sera jamais aussi bien

Il suffirait de vivre
Ensemble sans rien

09:13 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

10/09/2007

Une fille en été

à midi
le soleil écrase tout par ici
le vent, le vent
on sait même pas c'que c'est

sur un long trottoir désert
à l'ombre du ciment locatif
y'avait cette fille
en face de moi

nous nous sommes vus
forcément
elle m'a beaucoup plu
beaucoup

j'avais envie de la sauter
j'aurais fait, j'aurais fait, j'aurais fait
je sais pas
j'aurais pu faire

elle était bien faite
juste pour moi
nous étions tous les deux
seuls

je suis passé
elle est partie
en sens inverse

18:42 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

16/08/2007

Terra Incognita

je revêts mon costume de torpeur
celui qui anéantit toutes les peurs
et j'explore mes mondes de douleur
dans le confort et la douceur

la vie gorgée de souffrance
s'informe sur différents pas de danse
certains conduisent à la transe
bien plus souvent à l'indifférence

nous traînons ce triste moi
tout étourdi par l'émoi
il y a les autres en soi
plongés dans le même désarroi

nous sommes plantés ici ou là
nous oeuvrons à des histoires
le compte à rebours ne s'arrête pas
pour nous
habitants des questions

dans la jouissance d'un moment oublié
nous pouvons aussi bien profiter
d'une erreur et de ses contingences parfumées

subsiste Terra Incognita

11:55 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

14/08/2007

Objection votre honneur

j'ai dormi pendant 3 jours
ma famille polynucléaire barre en couille
des fois la bonne volonté ne suffit pas
mais ça reste une belle journée

c'est quoi la bonne volonté ?
c'est pas celle de Schopenhauer
encore moins celle de Nietzsche
c'est celle qui maintient la cohésion
entre tradition et transgression

parce nous ne sommes que pets dans le vent
des petites mauvaises odeurs
en plus d'être les acteurs
de la tragédie de l'histoire

et je ne peux pas me résoudre
à mourir bêtement
en ayant purgé ma peine
dans le centre de détention
que d'aucuns appelle l'existence

non, auparavant je ferai un procès
je peux aussi être tribunal
et je convoquerai
mes camarades de jeux
et d'infortune
nous ferons le point ensemble
sur ce qu'il convient de penser
de ce sirop un peu collant
qui nous entrave
les pieds
au sol

12:45 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

08/08/2007

Bonheur

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Bien sûr que le couple chosifie
Je ne sais déjà plus qui je suis
Je ploie, je romps, je me casse
Et me retrouve à la ramasse

Vais-je réussir à me maintenir deux ?
Est-ce que ça rend plus heureux ?
Mes enfants seront-ils malheureux ?
La séparation plane réelle dans les cieux

Oui, la vie est une entreprise risquée
C'est pas fait pour les bébés
Faut pas croire, faut pas imaginer
Le bonheur est un mythe éculé

18:35 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

03/08/2007

La prose du 118 712

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Vissés sur leur chaise, immobiles
Mes collègues ruminent leurs mobiles

La tête dans l’écran
Ils annonnent distraitement

Des coordonnées spatiales et numériques
Ponctuées de phrases mécaniques





Rue de Pont-à-Mousson ?
Je vous met en relation !

C’est à Mantes-la-Jolie ?
Un instant je vous prie !

Le centre des impôts ?
Ou alors Norauto ?

Madame Evelyne Lerch ?
J’effectue la recherche !

A Paris, vous recherchez le Figaro ?
Et sur Créteil, la cellule FO !

Carcassonne dans le Onze,
Elle veut l’institut Marie Ongle !

La poste de Bezons ?
Ou plutôt sa prison ?

La communication est mauvaise,
C’est près du Père-Lachaise ?

Compagnie de Taxi ?
Neuf -Trois Bobigny ?

L’hôpital Belle-Isle ?
Oui, c‘est dans quelle ville ?

Une office de tourisme,
Ou quelque chose en isme

Supermarché Champion,
Sur la route de Briançon

Dans les Yvelines, la mairie de Maurepas ?
Madame, monsieur, je ne vous entend pas !

La société Locarest ?
Je vous l’envoie en SMS !

Tribal Act et Dans Ma Peau ?
Dans la rue Amelot !

La compagnie Fragile ?
Quelque part sur une ile ...

Le chemin du Père Éternel
Rime avec Locappel

09:45 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

02/08/2007

Par dessus tout

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Le ciel saturé d’informations
S’assombrit sur la terre sans âge
La journée avide de passion
Passe sans le moindre orage

Nous sommes des gens sympathiques
Et les autres sont supportables
Dans cet arrière-plan pacifique
C’est une journée formidable

En me promenant en moi-même
Dans l’espace multiplié
Je songe à celle que j’aime
Par-dessus moi, par dessus tout

14:30 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

30/07/2007

2006

La vie en 2006
est vraiment trépidante

Elle est en flux tendu,
comme les supermarchés,

et les êtres humains en
accélère la cadence
à chaque génération.

Jusqu’où cela ira-t-il ?

Probablement
jusqu’à l’implosion.

Les systèmes et
les principes civilisationnels
vont progressivement
se désintégrer
par la double-action de la frénésie
des changements auxquels ils sont soumis,
et l’impossibilité
d’en assimiler
les implications
fondamentales.

Bon dieu,
ça fait tellement de bien
de ne rien foutre,
ne serait-ce que
cinq minutes.

23:03 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

Regards

Face à la question étendue
Je balbutie mes opinions
Je sais, ce n’est pas vos oignons
Mais j’aime errer ainsi tout nu

Demain, je te verrai au bureau
Tu me raconteras ton week-end
Le mien est souvent plein de haine
Je transporte tant de fardeaux

Je crois pourtant à tout hasard
Cela m’a autrefois endurci
La réalité ne m’a jamais suffi
Parfois je croise des regards

22:28 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

coin fumeur

Dans le coin fumeur du centre départemental des impôts
Je sirote mon café de 11h en écoutant des ragots
Je n’arrive toujours pas à me réveiller
Et le climat, comme moi, est déréglé.

Nous sommes fin novembre et les arbres bourgeonnent
Ils ne se rendent pas compte qu’il y a fausse donne
Lorsque l’hiver, froidement, leur tombera dessus
Ils pourriront fatalement sans avoir rien perçu

Entre la machine Chocaff et les plantes vertes impavides
Je fume une cigarette roulée avec filtre en réfléchissant
Les murs sont gris, les machines produisent un bruit blanc
Sur une porte vitrée, un père Noël sourit dans le vide

22:27 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent