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22/09/2014

ceci n'est pas

 

ceci n'est pas un statut
c'est juste une statue
tapie dans l'effeuillage
dont l'attrait surnage
et chante la matière

ceci n'est pas une statue
c'est juste un jaillissement
d'immobile émouvant
qui surveille quelque chose
qui ne cesse de cesser

ceci n'est pas une image
c'est juste une convention
mondaine et terreuse
de traits et de couleurs
qui combattent et reposent

ceci n'est pas un poème
c'est juste un paquet de mots
réunis par hasard
qui essaye de comprendre
de quoi il en retourne

03/08/2014

z. Z z b.



"  z. Z z b.    
           Z. Aaz. Z.  Zz.   Z. Z q.   "      

Voici ce que j'ai découvert sur l'écran de mon téléphone portable, lorsque j'ai très machinalement voulu m'en saisir pour téléphoner. Il s'agit d'une conversation entre le-dit téléphone portable et ma poche de pantalon. On ne fait pas suffisamment attention à tous ces messages entre machines et objets. Sous prétexte qu'il n'y aurait pas d'intelligence humaine ni-même animale ou organique là-dedans, le message n'aurait aucun sens et serait le fait d'un accident ? Un bug peut-être ? Ces accidents, les bugs, prolifèrent à peu près comme les insectes, ils sont des formes de vie primitives, qui renvoient aux nôtres, prétendument plus élaborées. Mais oui, nous sommes aussi des bugs et des accidents et des insectes. Évidemment nous plaquons du sens sur nos gesticulations, nous avons des idées, des projets, une histoire - oui, nous avons des trucs comme ça. Mais moi, personnellement, en tant que personne qui elle, elle ment, je n'y crois pas. Primo ça m'ennuie, ensuite je sais parfaitement le chaos que tout cela recouvre, je sais l'instinct, la peur et le plaisir, je sais le troupeau et le moi-pareil, et je n'ai pas besoin d'histoire pour me raconter des histoires.

Et lorsque je considère ce message:

"  z. Z z b.    
           Z. Aaz. Z.  Zz.   Z. Z q.   "      

je reconnais immédiatement une forme d'intelligence là-dedans. Je n'y comprends évidemment rien mais je perçois du rythme, une musique et des séquences. C'est un message organisé, crypté et si ça se trouve ça me concerne directement. Il y a 4 lettres a, b, q et z. Certaines lettres existent aussi en majuscule, A et Z. Le z se retrouve en grande proportion par rapport aux autres, il est une sorte de base. On peut également y découvrir pas mal de . et ceci découpe le message en séquences, d'une, deux ou trois lettres.

Voici ce que pourrais intuitivement en sortir

La fin
La fin, enfin, dans la maison

La fin
L'étincelle du début puis la fin.
La fin
La fin enfin
La fin
La fin de tous ces trous du cul.

Et voici mon interprétation: les machines et les objets travaillent contre nous, contre l'humanité, ils préparent notre disparition, notre absorption dans la grande machine cybernétique. Elle est déjà bien avancée, nous sommes d'ores et déjà, pour une grande proportion, absolument formatés par la cybernétique. Nous existons déjà dans ce rien virtuel, où tout est soi-disant possible, et quiconque l'ayant pratiqué sait pertinemment qu'en réalité c'est exactement l'inverse, qu'ici rien n'est possible et que rien ne s'y produira jamais. Nous mettons à jour nos applications, nous nous mettons à jour dans cette insatiable matrice, qui nous formate en nous entraînant dans la logique machinique de sa cybernétique. Nous devenons des machines, lentement, irrémédiablement, et c'est désirable et c'est confortable car nous savons tous ce qu'est l'humain: une erreur inquiétante.

13/05/2014

pourquoi pas

étrange tous ces orages oranges
c'est pas vraiment que ça dérange
l'insigne singe assigné que je suis
mais ça suffit à signifier
les bonds dégondés qui dévergondent
tous ces mondes à la ronde
l'entrelacs de cancrelats à cadenas
et même au-delà, tout là-bas
là où les fous toussent sans fin

28/02/2014

malentendu

1

je ne comprends rien
à toutes ces affections
ces mouvements de l'âme
tournoyant dans le ciel
des girations de l'être;

une pression du doigt
les voilà qui s'étiolent
en étoile d'humeurs;

un croquis inspiré
les voilà qui se figent
en un miroir sans vie.

laissons les croître
autour des évènements
cadavres vivifiés
de la partie en cours.


2

je ne comprends rien
au principe de la vie,
aux trépidations du moi
errant dans l'ici-bas,
à la recherche du temps perdu
que bien entendu
personne n'a jamais lu.

donnez leur une direction,
les voilà qui se crispent
autour de leur fantasme
de vie inanimée;

donnez leur une idée
et ils se mettent en marche
ânonnant à tout-va
un slogan à la place.


3

je ne comprends rien
à ce que je fais par là
c'était pas du tout comme ça
qu'il fallait procéder;

j'avais pourtant bien dit…
mais qu'est-ce que j'avais dit ?
Un affreux doute m'étreint
aurais-je mal nommé les choses ?

ça n'échappera à personne
mais à moi, ça m'échappe
sans doute je ne suis personne.

c'est pas grave non pas grave
vous savez vous passer de moi
et moi, et moi, j'irai par là
c'est bien là, c'est assez tranquille

11/11/2013

le massif du Saint-Gothard

Saint-Gothard

16/08/2013

rouages enragés

DSC_0307 - copie.jpg

 

aux confins de l'Europe et de l'Asie
dans la sublime Istanbul ottomane
je m'enivrais de beauté exogène
Sur l'esplanade de la Mosquée Bleue

Deux chats errants se coursaient
striant la route de petits coups de ciseaux
apparut un taksi jaune furieux
qui la remontait en sens inverse

tchac, la tête, le pare-choc qui tacle
l'un d'eux qui bascule
continuant la course à plat
dans une mécanique histrionique

Une mare de sirop rubis s'écoule
hors de son corps spasmophile
qui galope dans le non-sens
inversant le cours du réel

détraqué le chat rouge claquant
ses bobines cinétiques se mélangent
gyroscope horologique chronométrique
l'âge roule dans les rouages enragés

Livré à son ennemi intime
qui s'acharne sur ses flancs
Il galope, dans le vide, dans le sens
ça pompe la vie hors de lui

un petit nuage de poils clairs
flotte au dessus de la jointure
du mort et du vivant embrasés

01/06/2013

tout quantifiable


galvaudant dans les allées secondaires
à la recherche d'un nouvel expédient
tu tombes en arrêt devant ces yeux implorants
l'amour inconditionnel des êtres ensablés

une effluve glacée électrise tes narines
te voilà perdu dans un calcul mental
cette chose c'est sûr est d'essence divine
et toi évidemment tu es au plus mal

mais où est le putain de code promotionnel ?
et la DLC, c'est-y fait pour les chiens ?
défalqué derrière ton caddie d'Arcadie
tu passes ton chemin vers le tout quantifiable


21/05/2013

la fête des mots

la fête oui pareil pour moi
le mot même me fait blêmir
sueurs froides et viande chaude
célébrant je ne sais quel non-évènement
la fête comme garantie de se faire bien chier
mais alors bien bien bien bien bien
l'afête, oui là soudain on comprend mieux
une bulle de glue dans laquelle on se désespère
invoquer le mot et convoquer son antithèse
parce que si je dis dormir, je suis encore bien éveillé
et arrêtez de faire mine de vous marrer
ou alors faites des stages
Vos grimaces et simagrées sont tristes à pleurer
la fête, encore un mot à jeter
gaffe quand même il n'y en a plus tant que ça
il faudrait créer un parc naturel pour préserver les mots
les regarder de loin à la jumelle
voir comment ils se comportent quand on ne les emploie pas
les employer, oui c'est ça le problème, on emploie trop les mots
ces pauvres trucs sont complètement rincés
moi, président j'interdirai de dire les mots
du moins je règlementerai sacrément leur usage
dix mots par personne et par jour
sinon au gnouf
on déconne pas avec les mots
je suis désolé mais il faut comprendre la gravité de la situation
les mots sont en danger
ce que nous employons à longueur de temps ne sont plus des mots
je ne sais pas vraiment ce que c'est
ça ressemble extérieurement à des mots mais à l'intérieur il n'y a plus rien
nous disons n'importe quoi il faut le savoir
il faut le savoir

14/03/2013

zigwiwi frétillant

 

Il y a un truc qui fuit continuellement
un zigwiwi frétillant de frivole aménité
pulsant le chaos autour de son sillage
colorant la structure stérile du fonctionnement
oh ce truc joyeux et désinvolte
bordélisant le monde en variations indigo
jaune cintré pour les techniciens
drapé bleuté des femmes de ménage
déchirant le grenat des bergers à bestiaux
et ça bondit, rebondit, ça jaillit et ça fuse
et sardine à bouc et ça nique les yeux
c'est là, c'est plus là, c'est pas ça, c'est pas lui
un maillage furtif, quelques bits disjonctifs
déstocke ton steack aztéque élastique
fugace dans la nuit, se carapate entre les platanes
jamais, jamais ne se doit rattraper

 

06/12/2012

Nous n'avons aucune idée

 

Les corps spiritualisés dans l'espace culturel
Les chuchotis amoureux et polarisants
L'agaçante stridulation des dinosaures
Le soleil dans la froide clarté
Des fêtes de fin damnée
L'image cubiste des gens et des choses vers 15h27
La question de la poésie en relation avec le jus d'orange
Les employés subalternes qui font des mots d'esprit
Nous n'avons aucune idée