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13/05/2008

anthropomorphisme

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10:34 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (4)

10/05/2008

Mais que fait la police ?


Je n'ai pas encore de réponse précise à vous communiquer à ce sujet, mais par contre, je puis vous annoncer que ces derniers temps, leurs cousins germains, les gendarmes, affûtent leurs pinceaux, préparent leurs couleurs et choisissent soigneusement leur sujet, pour le grand concours artistique: Gens d'Art - Gendarmes (GAG). 

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Le GAG n'est pas un gag, nous ne sommes pas le premier avril, et les gendarmes ont comme comme tout un chacun une sensibilité artistique; certains sont probablement même de grands artistes.

J'ai souvent été très surpris de découvrir de véritables artistes "fourvoyés" dans des emplois à cent milles lieues de leur violon d'Ingres. Par exemple je connais un peintre génial qui fait de la maintenance électro-mécanique, je connais aussi un grand guitariste classique qui répare des vélos; Jean Dubuffet était un vendeur de pinard avant d'être le chef  file des "art-brutistes" et Franz Kafka, un obscur agent d'assurances avant d'être Kafka.

Tout ça pour dire qu'il faut évidemment gagner sa croûte en ce bas monde; vivre de son art n'est pas donné à tout le monde. Alors un gendarme qui fait des aquarelles, ben oui, pourquoi pas ?

 

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D'une manière générale, on donne beaucoup trop d'importance au travail dans notre société; les gens se confondent littéralement avec leur profession. Si cela est valorisant pour les gens qui sont satisfaits de leur emploi, cela peut vite devenir assez triste lorsqu'on estime réaliser un travail stupide. "Je suis facteur", "je suis professeur", "je suis chef d'entreprise". Bof, c'est pas terrible comme cogito, ça ne vaut pas "je pense donc je suis", qui lui-même est déjà très discutable. Ce qu'il faudrait dire c'est: "je fais le facteur", "je fais le professeur" ou encore "je fais le chef d'entreprise"; c'est en effet beaucoup plus juste, parce que nous sommes tout de même bien plus complexe qu'un statut professionnel, du moins je l'espère.

 

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L'autre chose que je voulais dire dans ce billet, c'est que la qualité d'artiste ne devrait pas représenter en soi une catégorie professionnelle, c'est une véritable aberration sociale que d'assimiler les artistes à un corps professionnel. "Artiste" c'est un rapport au monde, c'est la capacité de formaliser des tendances qui sous-tendent notre réalité, c'est la capacité de transformer la souffrance en beauté, c'est la capacité d'enchanter le monde. Et s'il existe des artistes professionnels, pourquoi ne trouve-t-on pas des paranoïaques professionnels, des enragés professionnels, des amateurs professionnels ou encore des sinistres professionnels? Bien évidemment des gens comme cela existent, simplement et heureusement ils sont rangés différemment.

Il y a un autre écueil au fait de désigner une catégorie professionnelle par l'adjectif artiste, c'est que cela induit de facto une sorte de corporatisme, qui finit par enfermer les "artistes" dans des sphères totalement coupées de la réalité. Et donc les "artistes" se mettent à décrire, à dépeindre, à (dé)chanter des environnements qui ne reflètent plus aucune réalité et qui ne parlent plus à personne. D'ailleurs bien souvent les artistes établis deviennent parfaitement inintéressants, ils ne se confrontent plus au monde, "ils font les artistes".

 Ainsi, hypocrite lecteur, mon frère, mon ami, ne désespérons pas, les voies de la félicitée nous demeurent accessibles.

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21:30 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : police, gendarmerie, art

06/05/2008

Vous me reconnaissez ?

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15:07 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : michel meyer

25/04/2008

Enseigner avec un calibre sur la tempe

spéciale dédicace à mes camarades enseignants de l'Éducation Nationale
- it's a dirty job but someone has to do it -

 
 
 
 
 Imagine-toi un jour débarquer dans ton bahut de province, pour inculquer à tes écervelés d'élèves quelques notions de mathématiques, et soudain tu découvres un impressionnant remue-ménage. La place pullule de journalistes qui trépignent dans tous les sens: ils discutent avec leur mobile, font des grand gestes dans le vide, prennent vaguement des notes dans des carnets de luxe moleskine. Des photographes cristallisent le décor avec des appareils à objectifs démesurés dans une ambiance de déflagrations de déclencheurs, des caméramen tournent des plans extérieurs du collège. Comme l'agent Smith de Matrix, tous ces gens se déplacent beaucoup plus vite que les gens normaux - seraient-ils shootés aux amphés que ça ne t'étonnerais pas. Il y a aussi d'autres gens, bien habillés et maquillés, qui traînassent comme des figurants de cinéma en attendant - oui, justement qu'est-ce qu'ils attendent ?

Soudain un convoi de voitures de luxe rutilantes déboulent avec un vaste dispositif policier et Xavier Darcos - le super-prof-en-chef - jaillit de l'une d'elle. Les gens bien habillés, se précipitent alors vers lui, pour lui serrer la main, le saluer, poser à ses côtés, et tu identifies les officiels. Les journalistes eux se rassemblent en meute et fondent sur Xavier Darcos, qui a l'air de trouver cela parfaitement normal. "Que se passe-t-il ?" te dis-tu, "c'est quoi ce merdier ? "

Bien évidemment comme tu ne lis pas les notes internes du collège, tu dois t'informer auprès d'un collègue qui t'explique que le ministre de l'Éducation Nationale visite un certain nombre de collèges, à travers la France, pour faire passer sa réforme. "Avec l'annonce de la suppression de postes de profs et les manifs lycéennes, c'est pas encore gagné", te dis-tu en ricanant au fond de ta tête.

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N'empêche qu'il est vachement impressionnant, Xavier Darcos. Rien que son nom provoque d'emblée une envie de se mettre au garde-à-vous.

Dans ce sympathique bordel, tu aperçois la Principale qui se dirige vers toi; vous ne vous êtes jamais encaissés, et pourtant elle arrive toute souriante: "Roger, il faut absolument que tu nous dépannes, Maurice est malade, il devait assurer le cours devant Darcos. Je compte sur toi pour le remplacer, tu es le seul qui maîtrise suffisamment les TICE pour ne pas nous rendre ridicule." Tu bafouilles quelques objections de forme, tu évoques ton hostilité vis-à-vis du gouvernement, mais au fond, tu sais déjà que tu ne pourras pas refuser cet ordre, et ton caca se liquéfie dans tes intestins.

 

2066464036.2.jpg Dans ta salle de classe, pas de bol, ce sont justement les pires élèves, des espèces d'hominidés à peine évolués. À ta gauche il y a environ deux cents journalistes et officiels qui consultent leur palm-pilot, les photographes et les caméramen mitraillent tous azimuths, de longues perches avec des micros au bout te suivent dans tous tes déplacements. Au fond de la classe, Xavier Darcos, entouré des huiles du bahut et des responsables politiques locaux te font face, en croisant sévèrement les bras. Le ministre s'excuse poliment de te faire travailler dans ces "conditions difficiles". Tu voudrais tellement courir aux chiottes, pour évacuer cette affreuse diarrhée, qui n'existe que dans ta tête.

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Plus tard, en regardant les infos à la télé, tu te vois faire un cours en présence de Xavier Darcos, puis tu vois les manifs lycéennes; une journaliste évoque la réforme de l'Éducation Nationale et le mécontentement des lycéens. C'est assez bien fait, il y a même une histoire avec du sens. Tu as vaguement la sensation de t'être fait avoir, parce tu aurais préféré figurer dans la manif, mais tu es tout de même assez fier de ton quart d'heure de gloire. La prochaine fois, tu demanderas simplement un rôle dans l'opposition, en accord avec tes convictions (oui, parce tu as des convictions). Enfin surtout, tu te rends compte que la réalité est tout de même très ambivalente, et même carrément douteuse. Dans le fond tu te demandes même si ce reportage à un quelconque rapport avec la réalité.

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04/04/2008

Würth-land

À Erstein, capitale sucrière du royaume d'Alsace, dans la zone industrielle et juste à côté d'une usine de ch'sais pas quoi, se trouve un musée d'art plus ou moins moderne, le musée Würth. Rheinhold Würth est un industriel allemand - n°73 du classement Forbe's - qui a fait fortune dans la "fixation professionnelle", vis, boulons et plus si affinités. Et donc ce type-là se passionne pour l'art plus ou moins moderne, et aime agrémenter ses usines de belles oeuvres d'art. Et bien moi je dis que c'est une excellente initiative monsieur Würth.

J'ai eu le plaisir de méditer devant l'un des fameux globes miroitants d'Anish Kapoor, véritables vortex d'images, qui restitue la réalité dans toute son étrangeté. Dans leur forme monumentale, ces objets miroitants me font penser à des sondes extra-terrestres, destinées à étudier les espèces vivantes de la planète Terre, et particulièrement ces bipèdes aux couleurs bigarrées, qui paraissent littéralement fascinés par tout ce qui produit une image.

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Et donc dans ce musée, pour une entrée à 4€, vous pouvez voir pas grand chose, mais en même temps c'est assez reposant, et puis vous avez quand même Munch, Picasso, Vasarely, enfin tous ces blaireaux. Et puis vous en avez d'autres comme celui-ci ou celui-là que j'ai bien aimé.


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J'ai été complètement scotché devant la tête de Stephan Balkenhol, sculptée dans un cèdre du Liban, et devant laquelle mon assistante m'a photographié avec mon attachée de presse. Et du coup, j'ai pu annuler mon séjour sur l'Île de Pâques.1715970812.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bref c'était merveilleux.

Si vous passez aux alentours de Strasbourg, par exemple parce vous auriez envie de manger un VRAI BRETZEL à Gegenthal-le-Bas, dans une bonne ambiance austro-hongroise - et bien donc, je vous conseille de snober le musée d'art moderne de Strasbourg, qui est une véritable merde post-moderne, qui ne recèle que de sinistres croûtes et quelques étrons coulés dans le bronze, et où vous risquez en plus de vous chopper une atroce migraine culturelle - non, rendez-vous directement au musée Würth, il y a juste deux ou trois trucs à voir, c'est très hygiénique, vous n'aurez pas la cervelle encombrée de toutes ces choses inutiles, et en plus vous aurez contribué à l'effondrement de la politique culturelle nationale. L'Art est vraiment trop important pour le laisser entre les mains des curateurs assermentés et assez menteurs.

20/03/2008

Ma revanche sera terrible ou le revers de la pensée nietzschéenne






Je me souviens lorsque les journées étaient trop longues, et que je dormais environ vingt heures par jour. Le temps était épais, âpre et poussiéreux; le réel était noyé dans une gangue de gélatine incolore et indolore. Pendant ma courte veille, je tentais de ranimer mon encéphalogramme, j'essayais de m'exalter pour la vie. Jamais je ne me suis imaginé mourir, cela est réservé aux gens qui vivent. À cette époque, je me contentais de fonctionner, c'est très différent, c'est en-deçà de la vie, c'est juste l'état par lequel nous subsistons. Il n'y a plus aucune saveur dans cet état, il n'y a plus de différence, tout est inclu dans le néant étendu de l'existence. Les mots eux-mêmes ne sont plus délimités; ils se rejoignent, se superposent, se confondent dans une sorte de monstrueuse indifférenciation. Tout est pareil et égal à zéro.

Si je m'en souviens aujourd'hui, c'est parce que j'y suis à nouveau empêtré. J'y suis d'ailleurs presque constamment empêtré, c'est comme une toile de fond dans mon existence. Vous allez rire mais je crois que ça me rassure.
Ça ne devrait pas durer, je pense. Avec le temps, j'ai appris à déjouer la logique de cette saloperie. Je ne me débats plus, je ne crie pas. Non, je reste stoïque et j'oppose à ce lent effondrement, une foi irrépressible, aveugle et stupide, une foi qui m'est consubstantielle, au même titre que l'entropie est universelle.
Du haut de mon humanité, je défie toutes les lois de la physique. Je sais que tôt ou tard, je prendrai ma revanche.

18:39 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (3)

14/03/2008

Golgoth 11

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C'était dimanche, y'avait pas école, y'avait pas crèche, y'avait aucune de ces putains d'activités, on pouvait enfin se détendre deux minutes, et v'là-t-y pas que Golgoth 11 pointe le bout de sa truffe:
 
- Alors les gros ! vous êtes prêts ? il a claironné du haut de ses trente centimètres.

- I beg your pardon ? a réagit Elena

- Faut y aller là, les gars !

- Mais aller où ?! a reprit Bartolomé, passablement exaspéré.

- Bordel, mais il faut aller mettre la pile à Matrox 25 !

- Ça suffit ces imbécilités ! a coupé Bartolomé, aujourd'hui c'est repos, alors tu vas nous dégager le plancher Golgoth. Nous étudierons le problème demain, sous réserve, parce qu'il y a peut-être une dictée.

- Reçu cinq sur cinq les poteaux, je repasserai demain en dehors des heures de bureau, a enchaîné Golgoth 11, avant de repartir à travers le plafond de la cuisine.

 

10:34 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (0)

12/03/2008

Ceci n'est pas une poubelle crâmée

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Pas loin de chez moi, j'ai découvert ce magnifique ready-made.
Ma petite fille est émerveillée.
Ce sont des étudiants en arts plastiques qui ont réalisé ce chef d'oeuvre d'art urbain.
La relève des artistes contemporains est assurée pour la prochaine décennie.
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20:40 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (1)

03/03/2008

Parler n'est pas vraiment nécessaire

Parler n'est pas vraiment nécessaire, le monde et nous-même nous porterions nettement mieux, si nous pouvions éviter de parler. Le truc c'est que «ça» veut parler, et que «ça» parle au travers de nous. Et donc nous disons n'importe quoi. Parce qu'en réalité nous n'avons rien à dire, nous sommes simplement parlés en quelque sorte, par des «forces» qui se servent de nous, pour raconter des histoires. Le problème, c'est que nous n'avons aucune idée de la finalité de ces histoires.

Combien de fois m'est-il arrivé de me retrouver en désaccord avec ce que je venais à peine de proférer. Pas plus tard que samedi, je me suis entendu dire, à la réunion du bureau politique, exactement l'inverse de ce que je pensais en réalité. Résultat: «je» me suis foutu dans la merde. Cette saloperie de truc qui a parlé par ma bouche ! mais qu'est-ce qu'il avait besoin d'ouvrir sa gueule?

Je me tenais là, vaguement assis autour d'un bureau, avec quelques homologues, plus ou moins exaltés. Nous étions en train de mettre au point une stratégie de sabotage: il était question de dérégler une ligne de production d'actualités télévisées, pour créer un rapport de force avec les décideurs, et ainsi exiger une augmentation pécuniaire substantielle, puisque nous étions des maillons directs, de cette ligne de production. J'avais compris en mon for intérieur que c'était une erreur, et soudain j'ai ouvert ma gueule pour dire que j'agréais cette opération, qu'elle me paraissait normale - et pour ainsi dire légitime -, alors que je savais pertinemment que c'était une catastrophe.

Maintenant j'ai décidé de ne plus parler, et ce jusqu'à ce qu'on m'explique clairement ce que parler signifie.

Pas me prendre pour un con non plus.

19:31 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (4)

26/02/2008

téléviseur

Hier, c'était une belle journée. Je traînassais sur le boulevard, en attendant ... euh, mettons Godot, et soudain je suis tombé sur cet objet:

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C'est plutôt rare de découvrir un objet de technologie récente saccagé dans la rue. Un téléviseur 16/9ème plasma ou LCD vaut une petite fortune, il fallait vraiment être très écœuré pour larguer un truc pareil. Cela dit, je comprends tout à fait qu'on ait envie de se débarrasser d'une chose aussi satanique.

Bref, j'étais en train de chercher l'angle idéal pour photographier les multiples brisures de l'écran avec mon téléphone portable, lorsqu'il s'est mis à sonner. À l'autre bout du téléphone, ma collègue journaliste de télévision, me demandait de la rejoindre pour monter un reportage téléréel pour le 13h.

Au moins une personne aura échappé à cette énième raffale de pensée unique.

09:35 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (5)