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25/09/2008

Entre les murs

Un bien beau film, un rien chiant, donc pas si mal en fait. En France il semble y avoir un véritable engouement pour les films autour de l'école, l'épicentre de la crise sociétale, à laquelle nous ne comprenons plus grand chose.

Il s'agit donc d'un film politique, cependant réalisé par un cinéaste non engagé. Situé entre le réel et la fiction, avec des acteurs et des non-acteurs, disons des actants pour utiliser un mot qui en jette un peu, le film expose les difficultés d'un enseignant (idéaliste?) à faire son travail dans le contexte tendu d'une sorte de classe de ZEP. En l'occurence, cette approche mixte fiction/documentaire est importante, parce que ce mélange des genres crée une ambiance, une qualité très particulière, sorte de néo-réalisme à la française. Le film a été tourné en vidéo numérique avec 3 caméras tournant en continu, dans la longueur, et ceci pour pouvoir capturer des instants très fugaces, et laisser "le réalisme" imprimer sa marque dans le film.

Et donc nous suivons le protagoniste, jeune professeur principal de français, profil de gauche, sentimental, aux prises avec une classe d'élèves d'origines diverses: afrique, asie, maghreb, europe - à l'image du XXe arrondissement de Paris. Ce professeur se trouve également être l'auteur du livre éponyme, ainsi que le coscénariste du film, ajoutant davantage de confusion entre le réel et la mise en scène. Cela se passe dans un collège du XXe arrondissement de Paris, où ce professeur s'évertue à instaurer un climat sympa, open mais pas trop, avec ces élèves de 4e qui en profitent un peu mais pas trop. Et là nous avons Souleymane, un élève d'origine malienne, que ce professeur arrivera, à contrario, à faire exclure du collège, avec la perspective d'un retour forcé au Mali (spécial dédicace à Sarko).

Le scénario est bien échafaudé, les personnages sont attachants, mais le propos reste assez caricatural, voire simpliste. Le film se demande (et nous demande) si l'école - que l'on désigne idéalement comme le lieu de "la chance pour tous" -, est dans son rôle lorsqu'elle est à l'origine du renvoi d'un élève, apparement mal adapté.

Malgré son inadaptation, Souleymane est un individu intéressant, selon la grille d'appréciation du jeune professeur, et de la mienne aussi. C'est lui qui, à l'occasion d'un exercice d'autoportrait, en arrivera à dire au professeur, qu'il n'a pas l'habitude de se dévoiler en public, ce qui paraît parfaitement légitime et remet en question l'exercice. La transparence n'est-t-elle pas liberticide ? De plus, il a un magnifique tatouage sur l'épaule, inspiré du Coran, et qui dit en substance: "si tu n'as rien de plus intéressant à ajouter au silence, autant fermer ta gueule", une formule péremptoire qui renvoie le verbiage du cours dans une sorte de néant philosophique des plus intéressants.

Le film s'adresse aux professeurs, à travers cette histoire particulière de prof qui "travaille à la paix sociale", en plus ou au delà de ses attributions d'enseignant, et qui, semble-t-il, se retrouve piégé dans l'engrenage fallacieux de l'exclusion d'un élève, alors qu'il favorise dans sa façon de faire, une ouverture et une souplesse entre la position de l'enseignant et la position de l'élève.

Pour conclure, je dirais qu'il s'agit d'un bon film, qui pose des questions, et se garde bien entendu d'apporter la moindre réponse. Si tu n'as rien de plus intéressant à ajouter au silence, autant fermer ta gueule.

13/09/2008

Darwin, la selection naturelle et le bonheur

Selon l'éminent scientifique, le "struggle for life" est compatible avec le bonheur, et non seulement il est compatible mais en plus il est nécessaire. Dans l'autobiographie du bonhomme, je découvre avec stupéfaction et ravissement que l'espèce humaine n'aurait jamais pu perdurer sans sa naturelle prédisposition pour le bonheur. Darwin n'était pas croyant, il était très éloigné de tous les mythes religieux, mais persuadé à la fin de sa vie, que l'homme, contrairement à ce qu'indique le christiannisme, le bouddhisme, et un certain nombre de sinistres philosophies de la condition humaine, était ontologiquement rivé au bonheur et au bien-être. J'aime autant vous dire à quel point j'ai été soulagé de lire ce passage. Darwin, I love you.

11/09/2008

La possibilité etc ...

Que faut-il penser du premier long-métrage de Michel Houellebecq ?

Pour se détendre tout de suite, disons que ce n'est pas un chef d'oeuvre, nous n'avons pas affaire à un cinéma qui révolutionne le genre, comme ça a pu être le cas pour ses romans et sa poésie. Ce n'est pas un grand film, alors qu'il contient tout de même quelques beaux passages, quelques idées, je suis assez tenté de dire que c'est une mièvre adaptation de son propre roman.

Un film d'écrivain, c'est à dire littéraire, assez chiant en fait.

Il y a par contre une très belle composition musicale de machinchouette. Lyrique, émotive, elle sert à merveille le propos neurasthénique houellebecquien. C'est très délicat de plonger un film dans une musique aussi émouvante, l'ensemble du propos prend définitivement la teinte dramatique de la musique, qui est un vecteur nettement plus prépondérant que tous les autres vecteurs du cinéma. Mais comme c'est une belle musique, et bien c'est une réussite. Je pense même que ce film très statique y gagne beaucoup.

Il y a certes de belles images, m'enfin c'est la moindre des choses pour un film. Cela reste un discours filmique assez pauvre, mettant en avant un texte, des théories, une poésie nettement plus convaincantes dans le roman.

Tout cela est à vrai dire rassurant. J'aurai été profondément choqué de constater que ce génial poète et romancier soit aussi un réalisateur hors pair. Michel Houellebecq est un être humain.

20:30 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (2)

I had a dream

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Je dormais en plein jour, dans un hôtel sur la côte basque. Des choses se sont mises à remuer sous mon cuir chevelu. Puis des champignons sont sortis du haut de mon crâne; ils se développaient très rapidement.  Large chapeau pelucheux, couleur crème virant à l'ocre, aspect général assez repoussant: il s'agissait de coulemelles - en réalité absolument délicieuses.  Je les cueillai en piaffant comme un truc enthousiaste. Bien entendu, tout cela se faisait sans aucune douleur.
 
Un duo flamenco interprétait une adaptation pour guitare et voix de Carmen dans une église.
 
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Puis, il n'y eu plus que de la caillasse, des strates minérales.

 
 
 
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Sous le ciel.

 

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Et la montagne.

 

 

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Ma femme, elle, avait bizarrement perdu son visage; sa tête était intégralement recouverte de long cheveux marrons.

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Et elle pondait des oeufs aussi.

C'était super, nous avions la possibilité de faire des omelettes aux champignons, sans avoir recours à quiconque ni à quoi que ce soit. Du producteur au consommateur, nous vivions en parfaite autarcie.

 

 

Puis ce fut Lourdes, j'y avais un petit commerce.

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Notre fille de trois ans : Xantia - qui a récemment rejoint la ligue des X-women juniors -, avait réalisé la synthèse des travaux de Soubirou, Girard, Crick, Watson et surtout Dick.

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La Théorie Mimétique avait littéralement réformé le Freudisme. L'humanité abordait à nouveau un palier décisif de son évolution.

 

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- cet autre énormissime génie tout terrain, avait quant à lui simplement découvert un nouveau plan gravitationnel, situé sous le niveau de la mer, résolvant ainsi l'un des problèmes les plus délicat du XXIe siècle: la surpopulation sur Terre. Découverte hasardeuse ? Le hasard n'est-il pas simplement le nom que nous donnons aux conjonctions d'évènements auxquelles nous ne comprenons rien ?

 

 

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conversation.jpg ici, en conversation avec Helmut Glützenbaum, PhD en sciences océaniques.
 
 
 

 

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Nous avions atteint le bonheur.
 
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Juste ce type bizarre qui rôdait alentours, avec ses deux paires de pompes dans les mains. mathieu.jpgIl me réclamait quelque chose, mais je ne comprenais pas vraiment.
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

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11:13 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (2)

18/06/2008

Allez les bleus !

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Y'avait de toute façon une ambiance tragique à Zurich, ça sentait la drogue, le sexe et la mort. Et puis y'avait cet enjeu stupide, dont la finalité dépendait de circonstances complètement indépendantes de la bleusaille franchouille. Pas la peine de s'énerver à faire un match qui appartient de toute façon aux roumains. Y parait que les mots ont une signification.
 
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J'adore la Suisse, c'est un pays vraiment très arty, qui se tient soigneusement à l'écart de l'europe politique , ce potentiel naufrage. Dans le hall de gare y'avait ces joueurs géants, genre united congregation of nations, auprès desquels vibrionnait une bonne femme de Niki de St-Phalle, telle une mouche à merde dans la grisaille zurichoise.
 
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 Le miracle n'aura pas eu lieu, faut arrêter de croire au père Noël. Et Domenech, avec ses allures d'intello footballistique, devient naturellement le bouc émissaire d'une sinistre histoire de médias et de pognon. Bon, mais ça fait probablement parti du contrat, on va pas se mettre à pleurnicher sur son sort non plus. Les véritables victimes de cette opération ne sont pas non plus les joueurs, mais tous les pékins à qui on a essayé de faire croire qu'il y avait un véritable enjeu sportif.

 

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Bon enfin les schnitzel sandwiches étaient pas si mauvais.
 
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12/06/2008

Le mystère Sefaris

La première fois que j'ai croisé Marc Sefaris, c'était sur le blog de Wrath. Ces deux individus, bien évidemment, je ne les ai jamais rencontré physiquement, et donc je doute profondément de leur réalité. Il n'empêche qu'ils se sont imprimés dans mon cerveau, pour des raisons que j'ignore. Et donc Marc Sefaris, lors de cette première rencontre me rangea immédiatement dans la catégorie des cinglés, se projetant de facto dans la catégorie des gens dits normaux. On peut douter de la pertinence de la stratégie, sachant qu'en définitive, la qualité de vie, dans ces deux états ne soient à mon avis l'une comme l'autre, proprement insupportables. Nous nous sommes ainsi beaucoup amusés, jusqu'à ce que je lui propose ce petit questionnaire, et là j'ai soudain compris qu'en réalité Marc Sefaris était un programme informatique.

 

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Bonjour, est-ce que ça va ?

Bonjour, oui là ça va très bien, limite euphorique. Mais comme je suis cyclothymique, je serai peut être déjà mort quand tu liras cette réponse.

 

Qu'est-ce que tu lis en ce moment ?

Plusieurs livres en même temps, que j’ouvre plus ou moins au hasard, du Verlaine, du Proust, du Kasparov (son autobiographie). J’ai des périodes comme ça, où je n’arrive pas à me fixer sur une lecture suivie. Mais j’ai bien conscience que c’est une méthode de lecture assez pathétique.

 

Comment faudrait-il modifier l'Éducation Nationale pour améliorer l'enseignement?

Ah ! The question… je peux éventuellement dire comment il faudrait modifier mon comportement pour améliorer mes cours : arriver plus souvent à l’heure, éviter les tics de langage (« en fait », « voilà voilà », entre autres), connaître plus de textes littéraires par cœur. Je ne sais pas si ces améliorations seraient décisives à l’échelle du système éducatif entier. Peut être. J’en parlerai au Ministre, à l’occasion.

 

Peux-tu imaginer une Éducation non Nationale ?

Etant un garçon imaginatif de nature, oui je parviens à imaginer une Education non Nationale _ et même plusieurs : Education Départementale ou Vicinale ou Intercontinentale ou Ducale ou Transcendantale.  Ces Educations seraient-elles préférables à celle que nous connaissons ? Oui, forcément.

 

Si tu étais à ma place, quelle serait ta cinquième question pour Marc Sefaris ?

« Et dis donc, pourquoi tiens-tu tant à te faire appeler Marc Séfaris alors qu’il est manifeste que tu ne t’appelles pas réellement Marc Séfaris ? Qui cherches-tu à tromper de la sorte ? Ou quel passé honteux espères-tu fuir en te cachant derrière ce pseudo sans saveur ? »

 

Je crois que tu as trois enfants. C'est une sacrée responsabilité d'avoir des enfants et puis c'est à la fois très banal. Peut-on vivre sans responsabilités ?

Il est exact que je suis responsable de 3 jeunes vies. Mais je ne l’ai jamais dit à personne. J’ai juste parlé sur mon blog une fois de la naissance de mon tout jeune fils, et une autre fois des lectures de mes deux filles. C’est donc ton redoutable esprit de déduction qui a encore frappé (tu ne travaillerais pas pour les RG, toi ?). Vivre sans la moindre responsabilité, oui c’est sans doute possible (je l’ai fait pendant des années en usant mon énergie sur des jeux de stratégies en ligne qui ne servent à rien pour personne), mais c’est vite angoissant, comme l’expliquait Blaise Pascal, parce qu’on se retrouve face à son propre néant : les responsabilités familiales, elles, garantissent des années de divertissement  intense, ce qui permet de mourir sans avoir rien compris à la vie mais sans se prendre la tête (ce qui est bien le plus important). Cela dit, comme tu l’avais deviné, si j’ai eu des enfants, ce n’est pas pour acquérir des responsabilités valorisantes, mais uniquement pour me retrouver dans la situation sociale la plus banale possible.

 

Le blogging est-il vraiment une façon d'appréhender le monde ou est-ce juste virtuel ?

Dans la mesure où le monde entier est devenu virtuel depuis quelques années, le blogging est forcément la meilleure façon d’appréhender le monde. Il paraît pourtant que quelques individus sur la planète persistent à mener une vie réelle ; il est bien entendu que ces malheureux sont condamnés à brève échéance.

 

J'ai récemment participé à un reportage relatant une opération scolaire anti-écran en forme de défi, l'enjeu était: 10 jours sans écrans ! Nous sommes de toute façon déterminés à user de plus en plus d'écrans dans nos existences. Faut-il s'inquiéter de la disparition de la relation physique ?

Ah bon ? La relation physique a disparu ? Je veux dire : tu insinues qu’il y avait des relations physiques entre les gens autrefois ? J’ignorais ce fait ; pour ma part, ça fait longtemps que j’ai acquis la certitude que chacune de mes actions répond à un programme informatique précis. Ce qui est très rassurant. 

 

C'est une question infernale mais qu'est-ce que tu imagines comme mouvement majeur dans le XXIe siècle? je veux dire comment un prof de français du XXIIe siècle synthétisera-t-il le précédent dans une optique littéraire ?

Au XXII° siècle, il n’y aura plus un seul professeur de littérature, Dieu merci, l’humanité aura certainement réussi à se débarrasser de ces prétentieux parasites, ce qui nous dispensera de leurs mauvaises synthèses.  Pour les mouvements majeurs du XXI° siècle… eh bien, Albert Camus disait que le XX° siècle était « le siècle de la terreur », et il est difficile de lui donner tort. Je propose de poursuivre les cent prochaines années sur cette belle lancée. D’ailleurs, je souscris au jugement d’un auteur contemporain méconnu : « Ce qu’il y avait de décevant avec le XXI° siècle, c’est qu’il ressemblait singulièrement au XX° ». 

 

Est-ce que c'est ton dernier mot ?

Non.


  Marc Sefaris 

01:16 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (3)

08/06/2008

Wrath is on my mind

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Je suis très heureux de pouvoir poursuivre mon investigation de l'altérité avec la bloggueuse que vous adorez détester - Ladies and Gentlemen, j'ai le plaisir, l'honneur et l'avantage d'accueillir virtuellement Lise-Marie Jaillant, alias Wrath, qui a gentiment accepté de répondre à quelques questions qui me taraudent.

 

C'est quoi pour toi un bon livre ?

_ L'inverse d'un mauvais livre, roman vide que l'auteur a torché en deux mois. Et malheureusement, le milieu littéraire français nous inonde de ces torchons écrits “avec du style”.
_Côté positif, une bonne fiction parle toujours du réel. En tant que lectrice, j'ai envie de me sentir proche des personnages, de partager leurs inquiétudes et leurs dilemnes. Un roman qui me touche est donc forcément un bon livre.


Jusqu'où es-tu prête à aller pour accéder au statut (à la statue) d'écrivain ?

Pour la statue (“A Wrath, les wannabes reconnaissants”), je suis prête à tout.

 

Y'a t-il un plan B ?

Si je ne deviens pas écrivain, je finirais sûrement en vieille prof de français, aigrie et alcoolique.

 

Les femmes me paraissent être les dépositaires du mot et de l'idée de l'amour, qu'est-ce que tu en penses ?

Bof. Des mecs fleurs bleues, ça existe aussi.

 

Nous partageons, dans une certaine mesure, quelques points de vue généraux, notamment concernant la France, ce méprisable pays. Qu'y a-t-il a l'origine de cette disposition d'esprit chez toi ?

Je suis à l'aise dans des milieux multi-culturels, délocalisés, acceptant le capitalisme, le libre-échange, et la mobilité transnationale. Tout ce que les Français détestent: au lieu de profiter de la mondialisation, ils se replient sur leur petit nombril. Leur littérature est d'ailleurs le reflet de cet ethnocentrisme.

 

Ton "moi" te crée-t-il autant de problèmes qu'il ne t'apporte de satisfactions ?

Seul mon “ça” me satisfait.

 

L'autre chose que nous partageons, je crois, est notre intérêt pour Michel Houellebecq. Es-tu d'accord avec lui lorsqu'il déclare: "Soyez abject, vous serez vrai?"

Bien sûr! Houellebecq est le digne héritier des Zola et des Céline. Parler du réel, et appuyer bien fort sur ce que personne n'a envie d'entendre. C'est également ce que je cherche à faire par mon écriture.

 

C'est bien Londres ?

Better than Paris.

 

Que penses tu de moi ?

Que du bien, cher Michel, que du bien.

 

Quelle sera la couleur du XXIe siècle selon toi ?

(Mon dieu, pourquoi ai-je accepté de répondre à ce questionnaire...)

 

Retrouvez Lise-Marie Jaillant / Wrath chez elle ....

17:33 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (20)

03/06/2008

attention au feu

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11:30 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : incendie

28/05/2008

portes donnant sur la voie

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18:12 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (1)

20/05/2008

Big Thom is watching you

 

 

Bon, ton blog est une véritable industrie à texte, comment est-ce que vous vous organisez pour pondre  autant d'histoires, de commentaires; tes nègres sont-ils correctement payés et ont-ils des papiers en règles ?

En fait... oui et non, puisqu'il s'agit de mes doubles. Un pour la musique, un pour la litté, un pour les travaux d'écriture, un autre pour commenter les blogs que j'aime (attention : celui qui les commente n'est pas le même que celui qui les lit), six autres pour la vie courante (un par maîtresse)... mais bon, ils n'ont aucun problème de papiers puisqu'ils s'appellent tous plus ou moins Thomas, ou Thom ou ThomThom... ou encore Tom, Tommy, Toto...

 

Le Golb est-il la grande oeuvre de ta vie ?

Je crois qu'on peut légitimement le supposer. Proportionnellement à la longueur de ma vie, c'est l'œuvre qui m'a pris le plus temps (en fait, pour être exact, c'est la seule que je n'ai pas abandonnée au bout d'un mois). Enfin bon, je dis ça... mais le mot "œuvre" me gène quand même un peu. Je le trouve un peu trop modeste eu égard à ce que Le Golb représente réellement, tant du point de vue qualitatif qu'en terme d'impact sur l'imaginaire collectif. Preuve en est que lorsque je réponds à une interview les questions ne sont pas posées par n'importe qui, mais par l'homme qui a théorisé la problématologie. Ca se pose un peu là, il me semble.

Peut-on encore être de gauche au XXIe siècle ?

Hélas oui, mais j'ai bon espoir que la question soit réglée d'ici le XXIIe. A vrai dire il est fort possible que la gauche meurt avec moi. Et je fume trop pour vivre centenaire.

 

Tu es (ou a été) comme moi préoccupé par ce que l'on appelle la dépression ? Est-ce une maladie ? un aspect de la psychologie humaine ? une spécialité occidentale ? C'est quoi-donc-est-ce la dépression ?

A priori c'est une malade clinique qui se soigne avec des médicaments, mais bon, de nos jours n'importe qui qui a un pet de travers est considéré par la société comme dépressif. Quelqu'un qui pleure à chaudes larmes sans se préoccuper de savoir s'il est au milieu d'un bar est un dépressif. Il m'arrive d'avoir un coup de blues pendant deux ou trois jours, ce qui signifie que je suis profondément dépressif. Et entre nous je te trouve un peu palot - je crois que tu devrais consulter.

 


J'ai cru comprendre dans l'un de tes billets à propos de Johny Cash, de Daniel Darc et de la "foi", que tu te situais parmi les gens qui avait "la foi". En quoi as-tu la foi ? Est-ce la seule alternative pour conjurer notre propension à avoir "les foies" ?

Je vais dire un truc qui est très mal vu de nos jours : je crois en Dieu. Je crois en son amour, en sa paix, je crois qu'il regarde les hommes, qu'il est l'incarnation même de la bienveillance. Et pour tout te dire : je prie chaque soir avant de m'endormir. Il y a de quoi me faire passer pour un dangereux intégriste, pas vrai ? Je trouve que les croyants sont vachement mal représentés dans les médias. Presqu'aussi mal que les fans de hard-rock (ce qui n'est pas peu dire). Parce qu'on les montre toujours accablés de tout un folkore pas possible, et puis grave à fond dans leur croyance, limite prosélyte (et je te parle, là, des croyants de toute confession). Alors que dans le fond, je crois (j'espère) que la plupart des croyants sont des gens comme moi, qui sont tout à fait normaux, qui ont une Foi profonde sans pour autant éprouver le besoin de faire chier tout le monde avec - et qui d'ailleurs n'y pensent pas eux-mêmes à longueur de journées. Ma Foi à moi est une sorte de paix intérieure, de force tranquille... appelle ça comme tu veux. Ca ne va pas très loin et fondamentalement ça n'a pas grand chose à voir avec les religions institutionnalisées. D'ailleurs je suis à la fois pieux et on ne peut plus laïque, et ma Foi s'exerce aussi au second degré - car Dieu a de l'humour. Beaucoup, même ! C'est quand même lui qui a inventé le concept. Comme en plus il est omniscient, il n'est pas dupe de mes manquements, encore moins des fois où je me sens obligé de me repentir pour le principe. Du coup il arrive souvent que je pique un fou rirs en plein moment de recueillement, j'imagine bien Dieu qui me regarde et qui me dit : "Ouais bon, Thomas, c'est bon là, me la joue pas comme ça - pas à moi. Et puis arrête de me demander des trucs, déjà je n'interviens pas, et puis entre nous je suis omniscient donc je sais déjà ce que tu veux !". Oui, parce que je suis quand même un jeune croyant, il faut le préciser. Je débute, en Foi. Mais plus le temps passe plus il me semble que le degré d'accomplissement ultime de la Foi c'est d'être tellement habité par elle qu'on éprouve plus le besoin (plus culturel que mystique) de prier - ce qui n'est rien d'autre qu'une manière de se raccrocher à quelqu'un qui nous a déjà bien arrimé. Peut-être même que prier relève du pléonasme. Les moments où je prie, dans le fond, ce sont surtout des moments agréables, doux, apaisants. Des instants de bien être où je peux l'espace d'une seconde dans la journée être complètement moi-même sans avoir à en rougir (j'ai l'aval de mon supérieur).

 

 

Qu'est-ce qu'un bon livre pour toi ?

Il y a une multitude de réponses possibles... alors pour la peine je vais dire ce qu'un très bon livre pour moi : un livre qui parvient à me toucher alors qu'il ne devrait pas du tout le faire, qu'il parle d'un truc dont je n'ai rien à battre où se situe à des années lumières de moi. Mais dont les qualités esthétiques, techniques, ou stylistiques transcendent le sujet pour lui permettre d'arriver jusqu'au lecteur que je suis (et si ça marche avec moi, il y a des chances que cela marche avec n'importe quel lecteur pourvu d'un brin de sens esthétique). Par exemple les textes où Bukowski parle des courses sont absolument géniaux, pourtant je n'ai jamais été aux courses de ma vie, ça ne m'intéresse pas, je ne connais pas les règles et pour tout te dire j'ai horreur des chevaux. Donc ces textes sont grandioses.  Idem pour les bouquins de Conrad sur les marins alors que j'ai horreur de la mer, horreur des marins et horreur des bateaux. Si ces textes là me touchent, c'est qu'ils grandioses. Non ? Le critère déterminant pour juger d'une œuvre étant évidemment son style, son esthétique... et pas du tout son sujet.

 

Il faut que je dise que j'ai un rapport singulier avec les Thomas en général, je me demande à tout hasard si tu en as également un avec les Michel ?

Euh... non. Je ne suis même pas sûr de connaître un seul Michel. En revanche j'ai eu un prof de techno, en cinquième, qui s'appelait Meyer. Mais tout le monde l'appelait Cradingue. Il était laid comme un poux mais surtout il était dégueulasse, sale, transpirant, une grosse barbe à mon avis pleine de microbes, et il matait les filles d'une manière absolument dégoûtante. Je l'aimais bien sûr beaucoup.

Qu'est-ce que tu dois absolument faire avant de mourir ?

Ne pas oublier de charger le revolver.

Que penses tu de moi ?

Rien. Je ne sais rien du tout de toi, alors je ne pense rien. Si, je crois que tu aimes beaucoup la nature (ce n'est pas ce qui nous rapproche le plus). Je crois aussi que tu es un gros paresseux, en témoigne ton article en date du trois juin dernier. Et ça, ça nous rapproche déjà un peu plus. Et pourtant, bizarrement, j'ai de la sympathie pour toi. Alors que je ne sais rien. Je pense que c'est un a priori positif dû au fait que la première fois que j'ai entendu parler de toi, c'était parce que tu m'avais cité dans un commentaire sur le blog de notre camarade Marco. Oui, mon Ego est comme ça (NB : attention au moment de la transcription : mon Ego s'écrit toujours avec une majuscule, il est très pointilleux là-dessus).

Qu'est-ce qui es le plus crucial, la littérature ou la musique ?

Je ne suis pas sûr de comprendre la question... ça veut dire quoi : "qu'est-ce qui est le plus crucial ?" ? Tous les arts sont également cruciaux. Pour moi comme pour n'importe qui d'un tant soit peu ouvert... maintenant si ta question c'est "duquel je me passerais le mieux" la réponse est sans doute la musique, la littérature étant placée un chouia au-dessus de tous les autres arts - uniquement pour être celui que je pratique. D'un autre côté si on m'enlevait la musique je me demande si j'arriverais à écrire...

 

Quelle sera la couleur du XXIe siècle selon toi ?

A en juger par ces huit premières années je dirais le bleu gendarme.

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*           *

 

J'ai toujours pensé que j'étais un saint, mais après que Big Thom m'ait renvoyé mon questionnaire , je me suis rendu compte que je n'étais qu'un ignoble mécréant, se vautrant dans la fange immonde de son révulsant égo hypertronase. C'était dur, je veux dire ce fut un moment difficile, enfin juste sur le moment, parce que juste après je me suis senti comme libéré d'un poids. Je ne serai plus jamais obligé de montrer l'exemple à cette bande de dégénérés qui se réclament de la même espèce que moi.

Saint Thomas est un type très difficile à cerner (à moins que ce ne soit Alf, encore que ce soit certainement la même personne), ce qui est assez paradoxal, pour un graphomane qui ne cesse de se déverser, de se mettre en scène, et de s'inventer dans les multiples textes que contient son Golb. J'ai été très touché en lisant plusieurs de ses textes, peu importe lesquels, il y en a beaucoup.

Cet échange est peut-être moins drôle que les précédents, mais qui a dit que nous étions là pour rigoler, n'est-ce pas Thom ?



podcast

 

23:15 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (7)