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20/03/2008

Ma revanche sera terrible ou le revers de la pensée nietzschéenne






Je me souviens lorsque les journées étaient trop longues, et que je dormais environ vingt heures par jour. Le temps était épais, âpre et poussiéreux; le réel était noyé dans une gangue de gélatine incolore et indolore. Pendant ma courte veille, je tentais de ranimer mon encéphalogramme, j'essayais de m'exalter pour la vie. Jamais je ne me suis imaginé mourir, cela est réservé aux gens qui vivent. À cette époque, je me contentais de fonctionner, c'est très différent, c'est en-deçà de la vie, c'est juste l'état par lequel nous subsistons. Il n'y a plus aucune saveur dans cet état, il n'y a plus de différence, tout est inclu dans le néant étendu de l'existence. Les mots eux-mêmes ne sont plus délimités; ils se rejoignent, se superposent, se confondent dans une sorte de monstrueuse indifférenciation. Tout est pareil et égal à zéro.

Si je m'en souviens aujourd'hui, c'est parce que j'y suis à nouveau empêtré. J'y suis d'ailleurs presque constamment empêtré, c'est comme une toile de fond dans mon existence. Vous allez rire mais je crois que ça me rassure.
Ça ne devrait pas durer, je pense. Avec le temps, j'ai appris à déjouer la logique de cette saloperie. Je ne me débats plus, je ne crie pas. Non, je reste stoïque et j'oppose à ce lent effondrement, une foi irrépressible, aveugle et stupide, une foi qui m'est consubstantielle, au même titre que l'entropie est universelle.
Du haut de mon humanité, je défie toutes les lois de la physique. Je sais que tôt ou tard, je prendrai ma revanche.

18:39 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (3)

14/03/2008

Golgoth 11

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C'était dimanche, y'avait pas école, y'avait pas crèche, y'avait aucune de ces putains d'activités, on pouvait enfin se détendre deux minutes, et v'là-t-y pas que Golgoth 11 pointe le bout de sa truffe:
 
- Alors les gros ! vous êtes prêts ? il a claironné du haut de ses trente centimètres.

- I beg your pardon ? a réagit Elena

- Faut y aller là, les gars !

- Mais aller où ?! a reprit Bartolomé, passablement exaspéré.

- Bordel, mais il faut aller mettre la pile à Matrox 25 !

- Ça suffit ces imbécilités ! a coupé Bartolomé, aujourd'hui c'est repos, alors tu vas nous dégager le plancher Golgoth. Nous étudierons le problème demain, sous réserve, parce qu'il y a peut-être une dictée.

- Reçu cinq sur cinq les poteaux, je repasserai demain en dehors des heures de bureau, a enchaîné Golgoth 11, avant de repartir à travers le plafond de la cuisine.

 

10:34 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (0)

12/03/2008

Ceci n'est pas une poubelle crâmée

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Pas loin de chez moi, j'ai découvert ce magnifique ready-made.
Ma petite fille est émerveillée.
Ce sont des étudiants en arts plastiques qui ont réalisé ce chef d'oeuvre d'art urbain.
La relève des artistes contemporains est assurée pour la prochaine décennie.
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20:40 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (1)

11/03/2008

Vague rose tirant sur le brun ou vert

La gauche est repartie avec ses semelles crottées. Pour ne rien vous cacher, je suis plutôt surpris, je pensais que le socialisme était un courant idéologique en voie de désintégration, il semblerait qu’il ait davantage de ressources que je ne l’imaginais. Je suppose que c’est une bonne nouvelle. Espérons que la Gauche saura tirer avantage de ses récents déboires, et proposer des perspectives constructives et compétitives dans le monde d’aujourd’hui.1393946781.jpg

03/03/2008

Parler n'est pas vraiment nécessaire

Parler n'est pas vraiment nécessaire, le monde et nous-même nous porterions nettement mieux, si nous pouvions éviter de parler. Le truc c'est que «ça» veut parler, et que «ça» parle au travers de nous. Et donc nous disons n'importe quoi. Parce qu'en réalité nous n'avons rien à dire, nous sommes simplement parlés en quelque sorte, par des «forces» qui se servent de nous, pour raconter des histoires. Le problème, c'est que nous n'avons aucune idée de la finalité de ces histoires.

Combien de fois m'est-il arrivé de me retrouver en désaccord avec ce que je venais à peine de proférer. Pas plus tard que samedi, je me suis entendu dire, à la réunion du bureau politique, exactement l'inverse de ce que je pensais en réalité. Résultat: «je» me suis foutu dans la merde. Cette saloperie de truc qui a parlé par ma bouche ! mais qu'est-ce qu'il avait besoin d'ouvrir sa gueule?

Je me tenais là, vaguement assis autour d'un bureau, avec quelques homologues, plus ou moins exaltés. Nous étions en train de mettre au point une stratégie de sabotage: il était question de dérégler une ligne de production d'actualités télévisées, pour créer un rapport de force avec les décideurs, et ainsi exiger une augmentation pécuniaire substantielle, puisque nous étions des maillons directs, de cette ligne de production. J'avais compris en mon for intérieur que c'était une erreur, et soudain j'ai ouvert ma gueule pour dire que j'agréais cette opération, qu'elle me paraissait normale - et pour ainsi dire légitime -, alors que je savais pertinemment que c'était une catastrophe.

Maintenant j'ai décidé de ne plus parler, et ce jusqu'à ce qu'on m'explique clairement ce que parler signifie.

Pas me prendre pour un con non plus.

19:31 Publié dans blogging | Lien permanent | Commentaires (4)