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25/08/2007

Shabbat shalom

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08:30 Publié dans blogging | Lien permanent

23/08/2007

Documenta 12

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Comme le logo l'indique, nous sommes dans un univers carcéral et nous comptons péniblement chaque exposition. Il y a 12 traits, c'est la douzième Documenta. La Documenta a lieu en gros tous les 5 ans, la première édition remonte à 1955. La Documenta a longtemps été la manifestation d'art contemporain la plus importante d'Europe; j'ose espérer que ce n'est plus le cas, parce que c'est vraiment pas terrible.


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Moi - Michel ben Meyer -, et ma fidèle interprète - Vanessa von Lenzi -, sommes donc allés à Cassel, pour établir un état des lieux de l'art contemporain, vu de l'Europe, à l'aube du XXIe siècle.




152b269d3dbebdda68b2f96058097716.jpg02e2122675e7ea890b9811da0743ab1b.jpgIci, nous sommes dans l'angle.

Mort, ça va de soi.

Il n'y a pas de passage.




Le XXe siècle a été éprouvant et nous sommes un peu fatigués. Nous avons par conséquent opté pour une attitude à la fois consensuelle et positive. Nous ne voulons plus froisser personne, nous sommes d'accord avec tout et tout le monde. Le temps des extrêmismes, de la radicalité et des combats idéologiques est révolu. Tout porte à croire que nous sommes situés dans le creux d'une vague. Nous n'avons aucune idée de la taille de cette vague, mais nous l'imaginons haute et large.


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En attendant, nous tâchons de digérer ce XXe siècle.


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Et c'est du boulot, et c'est loin d'être drôle.













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Grâce à Dieu, le temps passe ... et la vie, quoiqu'on en dise, se fout de l'Histoire. Même mise en musique par Olga Neuwirth.




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Bien sûr nous avons eu droit à toutes les catastrophes du XXe siècle, de la Shoah au Rwanda, en passant par la Bosnie, les Kurdes, les Arméniens ... pardonnez-moi de n'en citer que quelques uns. Il y a aussi eu le communisme, l'exploitation des femmes et des enfants. Il y a eu le racisme. Il y a eu les abus sexuels. Il y a eu la misère. Il y a eu la violence. Il y a eu l'homme.



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Mais malgré tout, cela restait nettement supportable. Parce que nous sommes habitués. C'est atroce à dire mais nous sommes habitués à l'atrocité. À tel point que nous pouvons l'envisager sous l'angle esthétique. Nous sommes nous-même des gens atroces, nous savons l'être, nous pouvons l'être.



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C'est ainsi que nous embrayons sur cette construction monumentale à base de fenêtres, une sorte de ventilateur géant qui semble s'être écrasé dans le parc de l'Aue Pavillon.



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Et cette vague en résine et métal qui transperce le Museum Fridericianum.



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Ou encore ce réseau de cordes rouges qui pendouille du plafond.




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Puis il y a tout le reste.




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Et Don Quichotte.






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10:55 Publié dans blogging | Lien permanent

17/08/2007

Blogging

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Aujourd'hui je suis très heureux, et particulièrement grâce à ce blog. Ça fait un moment que j'écris des choses dans mon coin et j'ai beaucoup de mal à me faire éditer. Au moins, grâce à ce blog, je n'étouffe pas sous le poids de mes élucubrations, je peux les projeter dans le vide internautique et peut-être, je dis bien peut-être, quelqu'un y trouvera un intérêt. Avec encore plus de chance, ce quelqu'un y trouvera grand intérêt, et mes petites chiures deviendront alors cet aliment essentiel qui donne un sens à la vie.

J'ai une dette envers tous ces artistes qui ont réussi à substituer, l'espace d'un moment, leur création au bordel glapissant qui nous tient lieu de biotope. Grâce à eux j'ai connu de belles choses. Même lorsqu'elles étaient laides ou terrifiantes, ces créations ont toujours eu le mérite d'orienter la réalité, de lui donner un sens. Et parfois, quand elles étaient vraiment réussies, ces créations entraient en résonnance avec la réalité, elles se superposaient à la réalité, puis elles devenaient la réalité. Jamais très longtemps cependant, la réalité sera toujours cette idée fuyante, ce noeud de contradictions, cette impossibilité à cerner.

Donc le blog, c'est pas mal en soi. Je suis mon propre écrivain, mon propre éditeur, reste juste à espérer que je ne suis pas mon propre lecteur. C'est d'ailleurs à cause de cette éventualité que j'ai toujours été plus ou moins réticent au blogging.

Si vous me lisez, vous n'êtes pas ignorant de l'extraordinaire lavage de cerveau que subit l'humanité, grâce à la mondialisation culturelle (lavage de cerveau, ça sonne assez dramatique, j'aurais pu dire mise à jour, c'est plus soft et ça correspond peut-être davantage à la réalité). Cet énorme nivellement produit déjà ses fruits sans goût, ses idées politiquement correctes, et ce monstrueux égalitarisme. Bien sûr, ce n'est qu'un aspect sinistre de la réalité, le problème c'est juste que je n'en vois pas tellement d'autre pour l'instant.
Moi je milite pour ma différence, je ne veux pas être égal et inclu dans ce grand vide, je ne veux pas participer à cette vaste opération de cloning. J'aime les êtres humains lorsqu'ils sont seuls, ambivalents, complexes, et je les hais lorsque, ensemble, ils disparaissent pour se faire l'écho des idéologies les plus simplistes et les plus monstrueuses.
Avec ce genre de propos, je vais passer pour le dernier des réactionnaires, ce que je ne suis pas du tout. Je pourrais dans un autre paragraphe, faire l'apologie du socialisme - enfin comme on sait plus trop ce que ça signifie mettons le « savoir vivre ensemble » - pour contrer les dérives barbares de l'individualisme, et je le ferais probablement le temps venu.

Quel est le rapport avec le blogging ? Franchement je ne sais pas encore très bien. Laissez-moi deux minutes, il y a forcément un rapport, je vais vous trouver un rapport !

Comme tout un chacun, je n'ai pas su résister à l'injonction psychanalitique qui consiste à étaler son intériorité, et à la confronter à l'altérité, fussent-elles des enfers, l'une comme l'autre, et ceci pour faire partie de la société freudienne. C'est d'ailleurs devenu une sorte de mode, notamment chez les réalisateurs documentaristes qui deviennent leur propre sujet d'investigation, et nous fabriquent des moi-je-movies qui se ressemblent tous plus ou moins, puisqu'ils nous ressemblent, et que nous sommes pareils. Quelle tristesse ! Le blog participe aussi de ce déballage du moi, ce sont aussi des moi-je-stories, des supports d'autofiction, qui ont largement cautionné la célèbre maxime de Warhol: « Un jour, chacun pensera exactement ce qu'il a envie de penser, et alors tout le monde aura probablement les mêmes opinions ». Vous comprenez peut-être mieux pourquoi je peste contre ces mouvements de troupeaux, dont je fais partie, et cette modernité qui ne nous propose que du vide. C'est vraiment rageant de se sentir unique, au milieu d'un troupeau de gens également uniques, mais qui prétendent ne pas vouloir l'être. Et ça porte un autre nom aussi: la dépersonnalisation. Il est vrai qu'il est agréable et rassurant de trouver des points de contact avec l'altérité.

Je me demande parfois où nous mènera cet énorme déballage du moi. J'ose espérer que ce ne sera pas exclusivement catastrophique. Par ailleurs je sais aussi à quel point les gens deviennent inconsistants, lorsqu'ils sont égaux; ils ne peuvent alors plus rien pour nous, ils sont juste dans la même merde. Je ne vois aucun intérêt à vivre parmi mes clones; autant se regarder dans un miroir.

18:10 Publié dans blogging | Lien permanent

16/08/2007

Terra Incognita

je revêts mon costume de torpeur
celui qui anéantit toutes les peurs
et j'explore mes mondes de douleur
dans le confort et la douceur

la vie gorgée de souffrance
s'informe sur différents pas de danse
certains conduisent à la transe
bien plus souvent à l'indifférence

nous traînons ce triste moi
tout étourdi par l'émoi
il y a les autres en soi
plongés dans le même désarroi

nous sommes plantés ici ou là
nous oeuvrons à des histoires
le compte à rebours ne s'arrête pas
pour nous
habitants des questions

dans la jouissance d'un moment oublié
nous pouvons aussi bien profiter
d'une erreur et de ses contingences parfumées

subsiste Terra Incognita

11:55 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

14/08/2007

Objection votre honneur

j'ai dormi pendant 3 jours
ma famille polynucléaire barre en couille
des fois la bonne volonté ne suffit pas
mais ça reste une belle journée

c'est quoi la bonne volonté ?
c'est pas celle de Schopenhauer
encore moins celle de Nietzsche
c'est celle qui maintient la cohésion
entre tradition et transgression

parce nous ne sommes que pets dans le vent
des petites mauvaises odeurs
en plus d'être les acteurs
de la tragédie de l'histoire

et je ne peux pas me résoudre
à mourir bêtement
en ayant purgé ma peine
dans le centre de détention
que d'aucuns appelle l'existence

non, auparavant je ferai un procès
je peux aussi être tribunal
et je convoquerai
mes camarades de jeux
et d'infortune
nous ferons le point ensemble
sur ce qu'il convient de penser
de ce sirop un peu collant
qui nous entrave
les pieds
au sol

12:45 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

11/08/2007

Extra-terrestre

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J'ai encore surpris des extra-terrestres, hier soir, sur le boulevard. Ils faisaient un raffut de tous les diables, je me demande bien ce qu'ils fabriquaient. Et je ne suis pas le seul, c'est tout le voisinage qui leur gueulait dessus.

- Ého, c'est pas bientôt fini ce merdier ?!
- Y'a des gens qui se lèvent tôt demain !
- Vous allez la mettre en veilleuse, oui !

Enfin c'est ce genre de propos. Pas ce qu'il y a de plus raffiné, c'est sûr. Mais moi aussi je me demande c'qu'ils foutaient. Je ne suis pas du genre à vouloir régenter la planète (si seulement j'arrivais déjà à me régenter moi-même), mais ces extra-terrestres, c'est quand-même des gros fouteurs de zone. Putain merde, mais y'a quand même deux ou trois principes pour vivre en société, on déménage pas la baraque à 4 du mat, bordel !

J'suis sûr qu'ils ont encore embarqué quelqu'un. La dernière fois, c'était un clodo. Disparu, plus jamais vu. Evidemment on a aucune preuve, mais je suis sûr que c'est eux. Ils doivent faire des expériences, étudier la complexion humaine, des trucs comme ça. Quand ils vont découvrir qu'on est juste des paquets de merde en sursis, ils vont peut-être nous lâcher la grappe. Ou alors peut-être bien qu'ils vont découvrir des choses fabuleuses. Des choses qu'on soupçonne pas. Ils nous révèleront à nous-même, genre Dieu ou son cousin.

Peut-être bien ouais. C'est ça l'inconnu, on sait pas c'qu'il nous réserve. Il nous fascine et il nous angoisse en même temps. Mouaaiiis, faut voir ... y'a p'tet des ouvertures.

21:20 Publié dans blogging | Lien permanent

08/08/2007

Bonheur

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Bien sûr que le couple chosifie
Je ne sais déjà plus qui je suis
Je ploie, je romps, je me casse
Et me retrouve à la ramasse

Vais-je réussir à me maintenir deux ?
Est-ce que ça rend plus heureux ?
Mes enfants seront-ils malheureux ?
La séparation plane réelle dans les cieux

Oui, la vie est une entreprise risquée
C'est pas fait pour les bébés
Faut pas croire, faut pas imaginer
Le bonheur est un mythe éculé

18:35 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

05/08/2007

Je t'aime bien Éric

- Et alors, tu vois, il se tenait là devant moi , comme une espèce de ... de j'sais pas quoi ... enfin un truc complètement inerte, et puis je lui ai dit: « bon tu sais je t'aime bien Eric, mais ça n'est pas possible ... tu n'es pas du tout mon genre » enfin le mec, hallucinant, j'te dis ... je le connaissais même pas ! hallucinant, j'me souviens, j'lui ai dit : « bon Eric, je vais te dire un truc ... enfin t'as quel âge 50, 55 ? bon 45, c'est pareil, c'est pas le problème ... mais enfin regarde toi, excuse-moi, je vais être dure là, mais faut absolument que t'arrêtes la fumette ou j'sais pas ce que tu gobes mais ... enfin, t'es comme une sorte d'adolescent attardé, tu vois ? Moi, tu vois j'suis jeune, enfin par rapport à toi ... ça me fait bizarre de te donner des conseils, je me sens un peu con ... mais je t'assure que tu ressembles à rien ». J'ai du lui dire un truc comme ça, et il est resté devant moi sans réagir ... j'sais même pas s'il comprenait ce que je disais, et il avait toujours ce sourire de benêt ... et quand je suis partie, il a commencé à me suivre et ... enfin, je lui ai dit d'arrêter et de s'en aller ailleurs ... y disait rien, il avait l'air complètement largué ... mais il continuait à me suivre ... j'ai été obligée de prendre un taxi pour m'en défaire ... enfin, tu vois quoi, le gars vraiment lourd, vraiment collant .... non mais attends, attends la meilleure ... deux jours après, tu sais pas quoi ? Je sors de chez moi, il était devant mon immeuble, il m'attendait exactement dans le même état ... totalement largué ... alors là, j'ai pété un plomb et j'ai commencé à l'engueuler ... au départ un petit peu, puis plus ... après c'était carrément hystérique ... j'crois même que j'l'ai poussé ... le pire c'est qu'il disait toujours rien, mais rien de rien ... il me regardait juste avec son air de demeuré ... et ça m'énervait, je me souviens, j'lui ai dis: « mais arrête de me regarder comme un débile et dis quelque chose bordel ! DIS QUELQUE CHOSE ! » ... et lui ... lui ... il faisait que me regarder et sourire ... et ... et ... et alors ... attends, excuse-moi, ça va passer ... c'est juste qu'il m'énerve tellement ... t'as pas un mouchoir, non ? Attends, excuse-moi, il faut que je me reprenne ... je vais me reprendre ... oh, mon dieu, c'est l'horreur ... faut que j'te dise ... ce con ... oh, mon dieu ... mais pou ... excuse-moi ... j'comprends plus ... attends ... oh, j'comprends plus rien ... merde ... non, attends ... attends, je vais me calmer ... je ... attends ... attends ... ça va ... ça va ... oui, ça va mieux ... reste s'il te plaît ... reste ... je t'en prie ... reste ... s'il te plait ... ça va mieux ... oui, ça va mieux ... oui, j'me calme, t'inquiètes pas ... non, c'est normal ... ouioui ... oh, non ... merci ... ok ... ok ... d'accord, ok ... attends ... juste deux secondes ... attends ................ deux secondes .................................... ah,oui ....................................................................................................................................... oui ..................................oh, ça fait du bien ........................................................................................ ouf ...................................... excuse-moi, merci ... oh, dis-donc, faut que je fasse gaffe ... oui, je sais ... non ... mais tu vas voir, c'est hallucinant ... donc, Eric ... Eric ... ah, non c'est pas vrai ... ah, non ... attends ... s'il te plait, attends ............................. t'inquiétes pas, ça va passer, s'il te plait Isa, s'il te plait ....................................................................................voilà, en fait je comprends pas ... Eric ... avec son sourire débile ... son sourire ... ah, non ... merde ... Eric ... j'savais plus quoi faire ... je l'ai laissé, je suis partie ... mais il me suivait toujours ... juste derrière moi .... toujours sans rien dire ... je me suis dit bon, s'il est encore là dans un quart d'heure je vais voir un flic, enfin c'est pas possible ça, y'a quand même des limites .... et alors j'ai marché ... enfin on a marché, mais séparément ... l'un derrière l'autre, genre à un mètre ... je sais pas combien de temps, une heure ou deux ....................................... et puis après bizarrement je me suis calmée, et puis je l'ai presque oublié ........................ enfin, il ne me gênait plus ..... malgré son sourire niais ........ malgré son silence ....... malgré sa touche de débile ........... enfin malgré tout .................................. et donc hier, on s'est mariés ....................... tu reprends quelque chose ?

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04/08/2007

Flying Superkid from Denmark

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16:33 Publié dans blogging | Lien permanent

03/08/2007

Musica

Porter, monter, empiler, scotcher, accrocher, préparer le café, balayer, dépoussiérer, dévisser, ranger, dérouler, démonter, dépiler, pisser, discuter, rigoler, souffler, lutter contre la matière.

Régisseur pour Musica, c’est un emploi fatiguant
En sept jours je me suis musclé pour l’année

C’était sur un cour de tennis intérieur
Avec de la moquette verte au sol

Nous étions une équipe soudée, notamment par la beuh. Il y avait Nico, le tatoué lorrain, un gros bavard qui se roulait des buzz de locale toutes les heures, et travaillait à vingt mètres de hauteur, totalement déchiré. Il y avait Charles le blédard, un vieil intermittent syndiqué et particulièrement tire-au-flanc, Léa la jeune électricienne sexy et Régis, un type laconique genre adjuvant. J’oubliais Loïc, le fou chantant de Toulouse, qui le deuxième jour est revenu avec deux tendinites, dont l’une le faisait boîter et l’autre lui interdisait l’usage du bras droit. À la fin de cette journée, une troisième tendinite localisée sur le poignet gauche lui tombait dramatiquement dessus.
Et puis il y avait l’équipe des Allo Jobs, 5 magréhbins sous-payés, employés à tout faire, sans rechigner.
Cinq intermittents du spectacle, cinq intérimaires, deux salaires différents pour le même boulot;
le monde est injuste, mais on n’est pas là pour refaire le monde.
On est là pour préparer une unique représentation de l’Ange de l’Histoire.

Le public était placé en vis à vis sur la moquette
Deux orchestres les encadraient, à gauche et à droite

Les deux orchestres philarmoniques exécutaient une pièce tragique de Vinko Globokar: l’Ange de l’Histoire inspirée par une thèse sur l’histoire de Walter Benjamin

Un mur grillagé s’élevait entre les deux portions de public

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