23.08.2007
Documenta 12

Comme le logo l'indique, nous sommes dans un univers carcéral et nous comptons péniblement chaque exposition. Il y a 12 traits, c'est la douzième Documenta. La Documenta a lieu en gros tous les 5 ans, la première édition remonte à 1955. La Documenta a longtemps été la manifestation d'art contemporain la plus importante d'Europe; j'ose espérer que ce n'est plus le cas, parce que c'est vraiment pas terrible.
Moi - Michel ben Meyer -, et ma fidèle interprète - Vanessa von Lenzi -, sommes donc allés à Cassel, pour établir un état des lieux de l'art contemporain, vu de l'Europe, à l'aube du XXIe siècle.

Ici, nous sommes dans l'angle.Mort, ça va de soi.
Il n'y a pas de passage.
Le XXe siècle a été éprouvant et nous sommes un peu fatigués. Nous avons par conséquent opté pour une attitude à la fois consensuelle et positive. Nous ne voulons plus froisser personne, nous sommes d'accord avec tout et tout le monde. Le temps des extrêmismes, de la radicalité et des combats idéologiques est révolu. Tout porte à croire que nous sommes situés dans le creux d'une vague. Nous n'avons aucune idée de la taille de cette vague, mais nous l'imaginons haute et large.

En attendant, nous tâchons de digérer ce XXe siècle.






Et c'est du boulot, et c'est loin d'être drôle.
Grâce à Dieu, le temps passe ... et la vie, quoiqu'on en dise, se fout de l'Histoire. Même mise en musique par Olga Neuwirth.
Bien sûr nous avons eu droit à toutes les catastrophes du XXe siècle, de la Shoah au Rwanda, en passant par la Bosnie, les Kurdes, les Arméniens ... pardonnez-moi de n'en citer que quelques uns. Il y a aussi eu le communisme, l'exploitation des femmes et des enfants. Il y a eu le racisme. Il y a eu les abus sexuels. Il y a eu la misère. Il y a eu la violence. Il y a eu l'homme.
Mais malgré tout, cela restait nettement supportable. Parce que nous sommes habitués. C'est atroce à dire mais nous sommes habitués à l'atrocité. À tel point que nous pouvons l'envisager sous l'angle esthétique. Nous sommes nous-même des gens atroces, nous savons l'être, nous pouvons l'être.
C'est ainsi que nous embrayons sur cette construction monumentale à base de fenêtres, une sorte de ventilateur géant qui semble s'être écrasé dans le parc de l'Aue Pavillon.
Et cette vague en résine et métal qui transperce le Museum Fridericianum.
Ou encore ce réseau de cordes rouges qui pendouille du plafond.
Puis il y a tout le reste.





Et Don Quichotte.
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