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31/07/2007

La voûte

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« Il m’apparaît de plus en plus que les livres sont de mauvais professeurs de morale. Il nous disent bien ce qui est vrai, aussi ce qui est bon, mais cela n’imprègne pas l’âme. Il existe un maître excellent, si nous savons le comprendre, c’est la nature.
Je ne chercherais pas à te le prouver par un long bavardage, je préfère te le montrer par des exemples, toujours le moyen le plus efficace, surtout lorsqu’on a affaire à des femmes.
Je me promenais dans Würzburg, à la veille de ce jour qui fut le plus important de ma vie. Quand le soleil se coucha, ce fut comme si mon bonheur s’anéantissait. Je frissonnais en pensant qu’il allait peut-être me falloir prendre congé de tout, de tout ce qui m’est cher.
Songeur, replié sur moi-même, je franchis alors la porte voûtée qui ramène en ville. Pourquoi, me demandais-je, la voûte ne s’écroule-t-elle pas, alors qu’elle n’a rien pour la soutenir ? C’est, répondis-je, parce que toutes les pierres à la fois veulent tomber - et je retirais de cette pensée une consolation indiciblement réconfortante qui alla de pair, pour moi, jusqu’à l’instant décisif, avec l’espoir que moi aussi je me maintiendrais si tout venait à me laisser sombrer. »

Ce texte issu d’une lettre d’Heinrich von Kleist à sa fiancée Wilhelmine von Zenge, finalement délaissée, me hante depuis quelques années. Je l’ai lu dans un recueil de sa correspondance, à un moment où je luttais contre les forces mortifères qui me dirigeaient vers l’anéantissement, et me maintenaient dans l’inertie d’un objet dépourvu de vie. Et cette image architecturale de la voûte, que l’on retrouve dans nombre d’édifices religieux, est devenue pour moi la métaphore de l’inexorable effort humain à contrecarrer sa tendance mortifère. Autant d’éléments qui, se reposant l’un sur l’autre, luttent contre leur tendance naturelle à la chute, pour se maintenir et s’élever ensemble au dessus du néant, par le biais d’une forme abstraite, à laquelle chacun se plie selon ses possibilités.
Et cette forme abstraite est elle-même la résultante de l’effort humain, à adapter sa condition à l’environnement en perpétuelle mutation qui façonne son être.

14:01 Publié dans blogging | Lien permanent

30/07/2007

2006

La vie en 2006
est vraiment trépidante

Elle est en flux tendu,
comme les supermarchés,

et les êtres humains en
accélère la cadence
à chaque génération.

Jusqu’où cela ira-t-il ?

Probablement
jusqu’à l’implosion.

Les systèmes et
les principes civilisationnels
vont progressivement
se désintégrer
par la double-action de la frénésie
des changements auxquels ils sont soumis,
et l’impossibilité
d’en assimiler
les implications
fondamentales.

Bon dieu,
ça fait tellement de bien
de ne rien foutre,
ne serait-ce que
cinq minutes.

23:03 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

Regards

Face à la question étendue
Je balbutie mes opinions
Je sais, ce n’est pas vos oignons
Mais j’aime errer ainsi tout nu

Demain, je te verrai au bureau
Tu me raconteras ton week-end
Le mien est souvent plein de haine
Je transporte tant de fardeaux

Je crois pourtant à tout hasard
Cela m’a autrefois endurci
La réalité ne m’a jamais suffi
Parfois je croise des regards

22:28 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

coin fumeur

Dans le coin fumeur du centre départemental des impôts
Je sirote mon café de 11h en écoutant des ragots
Je n’arrive toujours pas à me réveiller
Et le climat, comme moi, est déréglé.

Nous sommes fin novembre et les arbres bourgeonnent
Ils ne se rendent pas compte qu’il y a fausse donne
Lorsque l’hiver, froidement, leur tombera dessus
Ils pourriront fatalement sans avoir rien perçu

Entre la machine Chocaff et les plantes vertes impavides
Je fume une cigarette roulée avec filtre en réfléchissant
Les murs sont gris, les machines produisent un bruit blanc
Sur une porte vitrée, un père Noël sourit dans le vide

22:27 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

corps humain

Je fais partie du corps humain
Animé par la verticale
Et je prépare mes lendemains
Couché à l’horizontale

22:26 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

29/07/2007

abstraction rouillée

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01:00 Publié dans blogging | Lien permanent

Peut-être va-t-il enfin se passer quelque chose

Dans le mensonge bien huilé
La mort surimpose sa présence
Les limites sont nues et saillantes
Il est ici question de survie

Vivre ou mourir
Il faut choisir
Je sais maintenant
Conjuguer les temps

Ce n’est pas
La fin qui
Survient

C’est un début
Un pivot central
Ce n’est qu’un début

00:35 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

Personne

La journée passe
Au milieu des affrontements

Perdu dans l’espace
Inégal et fatigant
Tu plonges dans le néant
Ton humanité est en crise
Ta personne diffractée
Silencieuse et timbrée
Peuple ta solitude

Personne y’a personne

Tu te sens moins seul
Avec leurs absences

00:25 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent

Claire

Quand j’étais petit, je veux dire encore plus petit
J’ai connu une fille qui ne te ressemblais pas du tout
Mais comme toi elle avait ce prénom si lumineux : Claire
C’était une Claire avec un gros nœud dans le cerveau
Toi, je t’imagine plutôt avec un gros nœud dans le ...

Je partirais peu après toi du Vaisseau. Tant mieux.
Cet établissement sans toi sera triste et chiant, je le crains
Même épisodique, même hypothétique, même allégorique
Ton environnement régénérait nos êtres moribonds

Je me souviendrai longtemps de tes chaussures tutti-frutti
De ta cascade de cheveux, de tes grands yeux d’huile
Des fourmis des bois, et de leurs rapports acides
Des grillons qui chantent en attendant de se faire bouffer

Tu peupleras un moment la nuit de mes désirs secrets
Avec ton tablier vert et ton Jack Russell noir et blanc
Ta grosse pierre sang qui brillait d’un feu sombre
Dans la pizzéria sicilienne de la route du Polygone
Quand nous alimentions nos machines, dans l’ombre

Et quand tu t’occupais de ces ignobles insectes
Ces mouches, acariens et autres saloperies monocellulaires
Qui puaient la mort, la merde et l’enfer
"Oh Schreck, on est pas seul à la maison !"
J‘ai rarement entendu un titre aussi con

Je n’ai pas vraiment de conseil général
Je ne sais pas comment tu me perçois
Qui sait ce que l’on devient
Dans la tête des gens ?

00:20 Publié dans poésie & assimilés | Lien permanent