16.05.2008
La vallée de Munster
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13.05.2008
anthropomorphisme
10:34 Publié dans images | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.05.2008
Mais que fait la police ?
Je n'ai pas encore de réponse précise à vous communiquer à ce sujet, mais par contre, je puis vous annoncer que ces derniers temps, leurs cousins germains, les gendarmes, affûtent leurs pinceaux, préparent leurs couleurs et choisissent soigneusement leur sujet, pour le grand concours artistique: Gens d'Art - Gendarmes (GAG).


Le GAG n'est pas un gag, nous ne sommes pas le premier avril, et les gendarmes ont comme comme tout un chacun une sensibilité artistique; certains sont probablement même de grands artistes.
J'ai souvent été très surpris de découvrir de véritables artistes "fourvoyés" dans des emplois à cent milles lieues de leur violon d'Ingres. Par exemple je connais un peintre génial qui fait de la maintenance électro-mécanique, je connais aussi un grand guitariste classique qui répare des vélos; Jean Dubuffet était un vendeur de pinard avant d'être le chef file des "art-brutistes" et Franz Kafka, un obscur agent d'assurances avant d'être Kafka.
Tout ça pour dire qu'il faut évidemment gagner sa croûte en ce bas monde; vivre de son art n'est pas donné à tout le monde. Alors un gendarme qui fait des aquarelles, ben oui, pourquoi pas ?
D'une manière générale, on donne beaucoup trop d'importance au travail dans notre société; les gens se confondent littéralement avec leur profession. Si cela est valorisant pour les gens qui sont satisfaits de leur emploi, cela peut vite devenir assez triste lorsqu'on estime réaliser un travail stupide. "Je suis facteur", "je suis professeur", "je suis chef d'entreprise". Bof, c'est pas terrible comme cogito, ça ne vaut pas "je pense donc je suis", qui lui-même est déjà très discutable. Ce qu'il faudrait dire c'est: "je fais le facteur", "je fais le professeur" ou encore "je fais le chef d'entreprise"; c'est en effet beaucoup plus juste, parce que nous sommes tout de même bien plus complexe qu'un statut professionnel, du moins je l'espère.
L'autre chose que je voulais dire dans ce billet, c'est que la qualité d'artiste ne devrait pas représenter en soi une catégorie professionnelle, c'est une véritable aberration sociale que d'assimiler les artistes à un corps professionnel. "Artiste" c'est un rapport au monde, c'est la capacité de formaliser des tendances qui sous-tendent notre réalité, c'est la capacité de transformer la souffrance en beauté, c'est la capacité d'enchanter le monde. Et s'il existe des artistes professionnels, pourquoi ne trouve-t-on pas des paranoïaques professionnels, des enragés professionnels, des amateurs professionnels ou encore des sinistres professionnels? Bien évidemment des gens comme cela existent, simplement et heureusement ils sont rangés différemment.
Il y a un autre écueil au fait de désigner une catégorie professionnelle par l'adjectif artiste, c'est que cela induit de facto une sorte de corporatisme, qui finit par enfermer les "artistes" dans des sphères totalement coupées de la réalité. Et donc les "artistes" se mettent à décrire, à dépeindre, à (dé)chanter des environnements qui ne reflètent plus aucune réalité et qui ne parlent plus à personne. D'ailleurs bien souvent les artistes établis deviennent parfaitement inintéressants, ils ne se confrontent plus au monde, "ils font les artistes".
Ainsi, hypocrite lecteur, mon frère, mon ami, ne désespérons pas, les voies de la félicitée nous demeurent accessibles.
21:30 Publié dans continuum | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : police, gendarmerie, art
06.05.2008
Vous me reconnaissez ?
15:07 Publié dans images | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : michel meyer
25.04.2008
Enseigner avec un calibre sur la tempe
spéciale dédicace à mes camarades enseignants de l'Éducation Nationale
- it's a dirty job but someone has to do it -
Imagine-toi un jour débarquer dans ton bahut de province, pour inculquer à tes écervelés d'élèves quelques notions de mathématiques, et soudain tu découvres un impressionnant remue-ménage. La place pullule de journalistes qui trépignent dans tous les sens: ils discutent avec leur mobile, font des grand gestes dans le vide, prennent vaguement des notes dans des carnets de luxe moleskine. Des photographes cristallisent le décor avec des appareils à objectifs démesurés dans une ambiance de déflagrations de déclencheurs, des caméramen tournent des plans extérieurs du collège. Comme l'agent Smith de Matrix, tous ces gens se déplacent beaucoup plus vite que les gens normaux - seraient-ils shootés aux amphés que ça ne t'étonnerais pas. Il y a aussi d'autres gens, bien habillés et maquillés, qui traînassent comme des figurants de cinéma en attendant - oui, justement qu'est-ce qu'ils attendent ?
Soudain un convoi de voitures de luxe rutilantes déboulent avec un vaste dispositif policier et Xavier Darcos - le super-prof-en-chef - jaillit de l'une d'elle. Les gens bien habillés, se précipitent alors vers lui, pour lui serrer la main, le saluer, poser à ses côtés, et tu identifies les officiels. Les journalistes eux se rassemblent en meute et fondent sur Xavier Darcos, qui a l'air de trouver cela parfaitement normal. "Que se passe-t-il ?" te dis-tu, "c'est quoi ce merdier ? "
Bien évidemment comme tu ne lis pas les notes internes du collège, tu dois t'informer auprès d'un collègue qui t'explique que le ministre de l'Éducation Nationale visite un certain nombre de collèges, à travers la France, pour faire passer sa réforme. "Avec l'annonce de la suppression de postes de profs et les manifs lycéennes, c'est pas encore gagné", te dis-tu en ricanant au fond de ta tête.
N'empêche qu'il est vachement impressionnant, Xavier Darcos. Rien que son nom provoque d'emblée une envie de se mettre au garde-à-vous.
Dans ce sympathique bordel, tu aperçois la Principale qui se dirige vers toi; vous ne vous êtes jamais encaissés, et pourtant elle arrive toute souriante: "Roger, il faut absolument que tu nous dépannes, Maurice est malade, il devait assurer le cours devant Darcos. Je compte sur toi pour le remplacer, tu es le seul qui maîtrise suffisamment les TICE pour ne pas nous rendre ridicule." Tu bafouilles quelques objections de forme, tu évoques ton hostilité vis-à-vis du gouvernement, mais au fond, tu sais déjà que tu ne pourras pas refuser cet ordre, et ton caca se liquéfie dans tes intestins.
Dans ta salle de classe, pas de bol, ce sont justement les pires élèves, des espèces d'hominidés à peine évolués. À ta gauche il y a environ deux cents journalistes et officiels qui consultent leur palm-pilot, les photographes et les caméramen mitraillent tous azimuths, de longues perches avec des micros au bout te suivent dans tous tes déplacements. Au fond de la classe, Xavier Darcos, entouré des huiles du bahut et des responsables politiques locaux te font face, en croisant sévèrement les bras. Le ministre s'excuse poliment de te faire travailler dans ces "conditions difficiles". Tu voudrais tellement courir aux chiottes, pour évacuer cette affreuse diarrhée, qui n'existe que dans ta tête.
Plus tard, en regardant les infos à la télé, tu te vois faire un cours en présence de Xavier Darcos, puis tu vois les manifs lycéennes; une journaliste évoque la réforme de l'Éducation Nationale et le mécontentement des lycéens. C'est assez bien fait, il y a même une histoire avec du sens. Tu as vaguement la sensation de t'être fait avoir, parce tu aurais préféré figurer dans la manif, mais tu es tout de même assez fier de ton quart d'heure de gloire. La prochaine fois, tu demanderas simplement un rôle dans l'opposition, en accord avec tes convictions (oui, parce tu as des convictions). Enfin surtout, tu te rends compte que la réalité est tout de même très ambivalente, et même carrément douteuse. Dans le fond tu te demandes même si ce reportage à un quelconque rapport avec la réalité.
09:56 Publié dans continuum | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : enseignement, Éducation nationale, réforme des programmes, xavier darcos, journalisme, télévision
22.04.2008
printemps 2008
12:28 Publié dans images | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.04.2008
Mardi par ici
Je m’arrête pour observer une scène peu banale
Plus bas sur le quai, quatre personnes scrutent intensément le canal
Deux plongeurs en combinaison grenouillent dans l’eau sale
Un policier en uniforme tient un filin qui disparait sous la surface horizontale
Il fait gris et humide, un véritable temps de chiottes
Le flic au filin fait des plaisanteries déplacées et parfaitement idiotes
Un jeune commissaire divisionnaire tire nerveusement sur sa cigarette
Son beau costume Hugo Boss commence à flétrir - c’est pas net
Deux inspecteurs sont laconiquement flanqués à ses côtés
L’un deux a un gun fixé sur la ceinture de son futal froissé
Un bâtiment glauque augmenté de grues déglinguées et de treuils fondus
S’élève suspectement au dessus du canal olive de la Marne-au-Rhin
Seegmuller Armement : une vieille compagnie de la marine marchande
Un bâtiment désaffecté installé dans un arrière-plan douteux,
Squatté par les déchets ultimes de la société désinfectée
Je contemple la scène depuis mon vélo stabilisé contre la rambarde,
Mon fils mécaniquement installé sur le siège de ma vieille guimbarde
Observe la scène avec beaucoup d’intérêt
En plongeant un doigt dans son nez
Derrière nous, des machines brutales et hurlantes
Reforment le revêtement pourri du pont délabré
Des petites mottes de goudron sont projetées dans une infâme odeur
Aléatoirement dissipée dans des tourbillons de vent frais et humide
Les plongeurs remontent un caddie vide et disparaissent un peu plus loin
Le commissaire et les inspecteurs se carapatent sous la pluie battante en courant
Le pauvre policier en costume reste dignement amarré au canal
A côté un gros paquebot UGC est enlisé dans un terrain vague
Véritable usine à sensations virtuelles et à frites orthonormés
Il diffuse en boucle les derniers films universaux
Pour distraire les gens qui s’ennuient le mardi
10:22 Publié dans sentences morales et phrases définitives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
18.04.2008
The Bilan
Bonbonbonbonbonbon, bon, bon ... mettons que l'opération Dugenou meets Houellebecq soit un essai, déformé puis transformé. Mais à quel prix mon ami-e ? (justement quedalle). Dans l'intégration des vidéos youtubesques, l'image se retrouve systématiquement désynchronisée, elle est en retard sur le son. Dans un premier temps, ça m'a paru catastrophique, puis je me suis dit que c'était peut-être une bonne idée , parce qu'en effet, cet objet filmique a été conçu sur le principe même du décalage image/son. Donc si Youtube en remet une couche, c'est juste qu'il a parfaitement compris le principe de ce film. Tropacon Youtube ! De plus, Youtube a eu l'idée géniale de choisir de mettre d'abord le son, et sa spécificité évanescente, qui me paraît contenir l'essentiel du propos; et l'image, beaucoup moins importante, n'aura qu'à se démerder pour raccrocher les wagons, induisant de fait, ces fameux décalages, et je l'espère, une porte d'accès vers l'altérité. Je reconnais bien entendu avoir un mépris diffus pour l'image, et je compâtis parfaitement avec les religions qui en interdise la prolifération. Par ailleurs cette histoire était déjà un truc assez flottant, voire flou, dans sa forme littérale, puis filmique. Depuis qu'il survit sur le WEB, je crois qu'il est devenu proprement insaisissable.
La grosse amélioration, c'est tout de même le découpage. Et oui, parce vous avez échappé à la version intégrale, dans la salle obscure, en grand pour les yeux, et en fort pour les oreilles. Et ça durait une heure, et après fallait encore se taper le débat avec Dugenou. Bref, une expérience monstrueusement bavarde - le moi-je-movie dans toute son horreur. Ceci aura je pense, obscurément contribué au billet Parler n'est pas vraiment nécessaire. Mon dieu, nous sommes peu de chose.
Je ne m'attarderai donc pas sur le sens de ce truc ... et même, je vous en propose un autre, de truc: la personne qui m'aura transmis le rapport le plus pertinent sur cet objet filmique, deviendra le bienheureux acquéreur du dévédé original, avec l'image et le son synchronisés, une très jolie pochette, et un authentique poil de couille de l'auteur-réalisateur (lavable en machine à 40°).
Bonne chance à tous °v°
01:17 Publié dans Dugenou meets Houellebecq - the film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, paté de foie gras, youtube
14.04.2008
Dugenou meets Houellebecq - the film - dernière partie
22:38 Publié dans Dugenou meets Houellebecq - the film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma
13.04.2008
Dugenou meets Houellebecq - the film - 8ième partie
13:53 Publié dans Dugenou meets Houellebecq - the film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma
















